Publié le
Vendredi 6 mars 2015

Le courant passe mieux entre l’Etat et la FNSEA

Qu’il s’agisse du gouvernement français ou de la Commission européenne, l’un et l’autre semblaient donc reconnaître le modèle agricole prôné par le syndicalisme majoritaire.”Le gouvernement a choisi : son interlocuteur, c’est la FNSEA”, constatait un observateur averti dans les couloirs du salon. Une réalité en phase avec la politique générale du gouvernement, à l’heure d’une loi Macron qui vise à libérer les capacités de croissance des agents économiques.”Tout le monde reconnaît que la France doit se remettre dans le tempo européen”, constate Xavier Beulin qui insiste sur”la perte d’influence actuelle de l’agriculture française”.”On note une meilleure reconnaissance de l’intérêt que représente l’agriculture pour la France”, affirme Guy Vasseur (APCA). Et celui-ci d’insister sur les engagements du président de la République en ce qui concerne la simplification des réglementations.


Distance avec les écologistes



A gauche du spectre syndical, la Confédération paysanne se trouvait quelque peu”cornerisée”, isolée, selon un de ses proches. Avec son combat essentiellement concentré sur la lutte contre”l’agriculture industrielle”, elle se privait d’un dialogue avec les pouvoirs publics, surtout préoccupés par la relance de la croissance agricole et la compétitivité des exploitations. D’autant que François Hollande n’hésitait pas, à plusieurs reprises, à prendre certaines distances avec les écologistes et sympathisants de la Confédération paysanne qui maintiennent leurs blocages de sites tels que le barrage de Sivens. Il n’hésitait pas non plus à trouver naturelle la tendance au regroupement des éleveurs – dans certaines limites certes – et se gardait bien d’une condamnation pure et simple des grandes exploitations. La Coordination rurale, elle, se positionnait sur des revendications agricoles plus classiques, tempêtant, comme la FNSEA, contre le retard apporté aux dernières décisions liées à la Pac mais sans la possibilité de s’inscrire comme interlocuteur privilégié des pouvoirs publics.



Salon studieux



Ces questions de revendication levées, le dialogue Fnsea-pouvoirs publics renforcé, le Salon de l’agriculture 2015 devenait un salon tourné résolument vers l’innovation et l’agroécologie cher au ministre de l’Agriculture. Initiatives public-privé sur le biocontrôle, collaborations entre instituts de recherche et coopératives (Inra-Agrial par exemple), accords entre chambres d’agriculture et instituts (lire p. 15), initiatives pédagogiques sur l’agroécologie ou sur le machinisme agricole (Lassale Beauvais), présentations de technologies nouvelles (utilisation des drones) ou, au Sima, de machines adaptées à des économies d’intrants, etc., le couple Salon de l’agriculture-Sima s’apparentait à un lieu de réflexion et de travail sur les nouvelles technologies en agriculture et le rôle que celle-ci peut jouer dans la réduction des effets de serre.


Un salon moins politique, en dépit de l’incroyable quantité de visites d’hommes et de femmes politiques, un salon plus studieux. Exactement ce que désiraient les pouvoirs publics… à quelques semaines des prochaines échéances électorales.



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25 septembre 2020 - N° 39
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