Publié le
Vendredi 5 septembre 2014

Le blé français peine à satisfaire tous ses marchés traditionnels

La qualité du blé français fait défaut cette année et pour honorer leurs contrats, les exportateurs vont jusqu’à mélanger au médiocre blé national une meilleure qualité venant de l’étranger. Le port de Rouen a ainsi reçu mi-août un chargement de 27 000 tonnes de blé en provenance de Lituanie et un autre de 4 400 t venu du Royaume-Uni. Le même phénomène a été observé à Dunkerque.
Une situation qui n'inquiète pas outre mesure Philippe Pinta, président d'Intercéréales et de l'AGPB. “On va pouvoir fournir la grande majorité de nos clients. Une grosse bagarre aura lieu à l’export, notamment avec les pays de la mer Noire qui vont essayer de nous prendre des parts de marché. Il faut réserver presque nos meilleurs blés pour satisfaire les acheteurs étrangers.”
“Un bruit de fond négatif est alimenté sur la qualité du blé français” reconnaît-il cependant. “La qualité est hétérogène : il y a un peu partout du bon, du mauvais. Un chiffrage sera donné par l’interprofession et FranceAgriMer vers la première dizaine de septembre.”


Qualité hétérogène



La récolte 2014 de blé tendre est évaluée en France à 37,3 Mt, en légère hausse sur un an. Les rendements sont bons, à 75 q/ha en moyenne nationale soit 1 q/ha de mieux qu’en 2013 et 2 q/ha de plus que la moyenne quinquennale (72,9 q/ha). La teneur en protéines est attendue autour de 11 % dans nombre de cas, malgré des situations contrastées.


La qualité du blé tendre français sera donc très hétérogène, avec des blés qui ont germé sur pied dans certaines régions, mais les volumes concernés ne sont pas encore évalués. “Au moment du remplissage, les cultures ont d’abord connu une période de fortes chaleurs, suivie de températures froides et d’humidité persistante alors que les blés avaient
atteint leur maturité physiologique” expliquent FranceAgriMer et l'Institut du végétal.


Ainsi, localement, des défauts de qualité sont répertoriés, en particulier des cas de pré-germination sur pied qui entraînent des temps de chute de Hagberg inférieurs aux niveaux habituellement requis. Mais certaines régions sont quasiment ou totalement épargnées : le Nord-Est ainsi qu’un large territoire du Sud-Est au Sud-Ouest, qui couvre la façade atlantique et la Manche, du nord au sud du pays, ainsi que le Nord et le Pas-de-Calais.



Mieux affronter ce genre de situation



L'AGPB a d'ores et déjà demandé à Stéphane Le Foll de mettre en place un comité de suivi de campagne et le versement anticipé au 16 octobre des aides Pac. “Certains céréaliers vont avoir des problèmes de trésorerie, notamment pour semer la prochaine récolte” s'inquiète Philippe Pinta. “Des situations de revenus très difficiles, voire dramatiques, apparaissent. Je pense surtout à ceux qui n’ont pas eu la chance de faire du volume et dont les blés sont plus dégradés que les autres.”



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