Publié le
Vendredi 9 décembre 2016

Le bio dans la peau

L’assolement a été revu. Le maïs a chuté de 30 - 40 ha à 3 ha. “

Les rendements étaient aléatoires et limités par le manque d’irrigation.” Le désherbage est géré avec des faux semis, la herse étrille et la bineuse. Le labour n’est pas systématique. “

On évite s’il n’y a pas de salissement majeur.”

Sur 22 ha, les éleveurs ont introduit des mélanges céréaliers très diversifiés : orge, avoine, triticale, épeautre, pois, féverole. “

Je n’ai pas de soucis de maladies ni d’adventices.” La
récolte est stockée en cellule et aplatie au fur et à mesure pour les vaches.

La luzerne, les prairies temporaires multiespèces et les légumineuses ont aussi pris plus de place. Caroline et Cyrille sèment en mélange deux variétés de RGA, deux variétés de fétuque et des trèfles nains, moyens et géants. “

On va essayer d’implanter au printemps pour favoriser les légumineuses.” Les productions de la ferme leur permettent d’être presque autonomes puisqu’ils n’achètent “

quasiment plus d’aliments”.


Du foin dès avril



Autre grosse évolution, l’investissement dans un séchoir en grange pour 350 000 euros. “

C’est ce qui a été le plus difficile, s’adapter au séchoir et à la récolte.” Après deux jours de séchage au champ, le foin est ramassé à l’autochargeuse à 60 - 70 % de MS. Cyrille ramène une centaine de remorques par an pour remplir les quatre cases du séchoir, de 125 tonnes chacune. L’air chaud récupéré entre les panneaux de bois et les tôles de la toiture est envoyé par un ventilateur sous les cases. “

Le foin termine de sécher en conservant toute sa valeur alimentaire.” Le gros avantage est de pouvoir faire des petits chantiers sur de courtes plages de beau temps et de commencer la fauche plus tôt, dès avril. “

Je suis plus autonome par rapport à la météo et à l’entreprise.”



Plus de préventif



En revanche, avec l’affouragement du foin à la griffe, “

les vaches poussaient pour trier le meilleur foin”. Le problème est résolu depuis le printemps avec l’achat d’une mélangeuse. La ration (15 kg de foin, 3 kg de mélange céréalier et 2 kg de maïs ensilage) distribuée une fois par jour est plus homogène. Fini le tri ! “

L’ingestion est plus régulière.”


Le troupeau compte des Brunes, des Holstein et des Montbéliardes. Elles sont mises au pâturage dès que possible (février) et produisent 5 500 litres par an en moyenne contre 7 000 litres auparavant. Un taureau Limousin en rattrapage permet de mieux valoriser les produits et de baisser le nombre de génisses à élever. Le passage en bio s’est accompagné de plus de préventif grâce à la phytothérapie et aux huiles essentielles. “

Quand il y a une montée de cellules, on arrive à bien réguler avec l’eau de boisson.” Chiffres à l’appui, les frais de vétérinaire sont de 23 euros/1 000 litres. “

La santé du troupeau est meilleure, il y a moins de cellules, pas d’acidose.” La satisfaction se lit aussi dans la compta avec une marge brute hors aide de 388 euros/1 000  litres ou de 1 543 euros/ha de SFP lait, et un ratio EBE / produit de 42 %. Sur la dernière campagne, le lait était payé 467 euros/1 000 litres chez Biolait. “

On n’a pas ressenti la crise, le prix a même augmenté de 20 euros cette année.” Les réformes sont vendues à Ebio (Eleveurs bio des Pays-de-la-Loire) à un prix quasi fixe à l’année : 3,74 €/kg pour une vache O et 3,35 €/kg pour une P (prix à ce jour), y compris la plus-value de 0,20 €/kg pour la planification des animaux au semestre.



Des pistes de progrès



Après six années en bio, Caroline et Cyrille n’ont pas de regrets mais plutôt des projets. “

On aimerait améliorer les performances en lait pour avoir moins de vaches.” Plusieurs pistes se dessinent : travailler sur les fourrages avec toujours plus de légumineuses, du méteil (6 ha cette année), du colza fourrager (14 ha) et essayer la chicorée, les mélanges suisses. Augmenter la génétique en introduisant plus de Holstein. “

Elle s’adapte bien et réagit vite quand la qualité du foin augmente.” Enfin, améliorer le séchage en grange. “

Il y a moyen de mieux faire circuler l’air pour que le foin sèche plus vite et qu’il conserve un maximum de valeur alimentaire.”


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