Publié le
Vendredi 22 mai 2020

“L’agroalimentaire doit continuer d’innover malgré la crise, c’est impératif”

Bernard Gaud, est consultant du cabinet Auris finance, expert du secteur agroalimentaire. Il est aussi ancien président du Medef Rhône-Alpes.
Bernard Gaud, est consultant du cabinet Auris finance, expert du secteur agroalimentaire. Il est aussi ancien président du Medef Rhône-Alpes.

La consommation des Français s’est recentrée sur les valeurs sûres pendant le confinement. Quels enseignements en tirez-vous ?

Il y a eu un engouement pour stocker les produits basiques avec une ruée vers la farine ou les œufs. C’est une période où les industries agroalimentaires se sont concentrées sur leurs grosses références pour assurer l’approvisionnement de la grande distribution.

Pourquoi craignez-vous que l’industrie agroalimentaire cesse d’innover ?

Chez les fabricants d’ingrédients, il y a cette idée qui circule selon laquelle il faut d’abord relancer la machine avec l’existant et que l’innovation cela viendra plus tard. Or, c’est dans les moments difficiles qu’il faut préparer l’avenir. Je ne parle pas de petites innovations, mais de vraies innovations produit, comme le yaourt à boire en a été une pour Danone par exemple. Il y a de vrais enjeux sur les ingrédients. On est sur une tendance lourde de consommation de produits alimentaires végétaux, il ne faut pas relâcher la garde sur la recherche et développement de ces produits nouveaux.

Ce que l’on peut craindre, c’est que le focus mis actuellement sur les références existantes entraîne du retard par rapport à l’attente du marché, aux désirs des consommateurs, à la transition écologique.

Quelles entreprises sont les plus tentées de moins investir dans la recherche et développement ?

Les PME, puisque ce sont elles qui innovent, pas les grands groupes. Et je suis particulièrement attentif au secteur des ingrédients (conservateurs, épaississants, etc.). Il y a de vrais enjeux de transformation des produits par les ingrédients : on veut des produits moins salés, plus naturels, etc. La situation est difficile, mais il faut travailler en profondeur.

Recueilli par Antoine Humeau

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22 mai 2020 - N° 21
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