Publié le
Vendredi 13 décembre 2013

Lactalis sur le grill

A l'appel de la FNPL, plus de 60 départements ont mené une opération de “contrôle” sur les hausses du prix du lait, vendredi 6 décembre. Dans la région, plusieurs enseignes distributeurs ont vu leurs rayons se vider, principalement de produits commercialisés par Lactalis. C'était le cas au  Mans et en Loire-Atlantique. L'entreprise est accusée de “ne pas respecter les contrats” signés avec ses livreurs et de vouloir “payer le lait en dessous des préconisations nationales”.

En Maine-et-Loire, toutes les grandes et moyennes surfaces ont été visitées (16 GMS au total). Plus de 270 producteurs ont participé à l'opération, selon la FDSEA49. Principal constat du syndicat à l'issue de la journée, les hypermarchés Leclerc ont globalement respecté les demandes formulées par les producteurs en retirant d'eux-mêmes les produits Lactalis. La situation était plus contrastée dans les magasins U, certains refusant de retirer leurs produits “même en présence d'agriculteurs”. Les éleveurs ont alors “vidé les rayons sans ménagement”, à Bécon-les-Granits, Mûrs-Erigné et aux Ponts-de-Cé. Ce fut aussi le cas dans les magasins Carrefour et Géant, à Angers et Cholet.

La FDSEA 53 d'accord avec Leclerc

En Mayenne, il n'y a pas eu d'actions. Après avoir enterré la hache de guerre avec les dirigeants des quatre Leclerc mayennais, en juin, FDSEA et JA ont mobilisé les éleveurs laitiers, à partir du mois de juillet, en priorité contre Lactalis.

Vendredi, le président de la FDSEA Philippe Jehan, le responsable de la section laitière Florent Renaudier, et Franck Hivert, en charge du dossier lait chez JA, ont rencontré le patron des Leclerc lavallois, Vincent Jaud. Ce dernier aurait apporté “la preuve que les hausses de 25 euros/1 000 litres ont bien été appliquées” par le distributeur, “prix et volumes à l'appui, sur chaque produit”. “On a donc aujourd'hui la quasi-certitude que Lactalis a obtenu les hausses demandées, au printemps, mais aussi en janvier”, indique Philippe Jehan. Les dirigeants de Leclerc et de Lactalis devaient se rencontrer avant la réunion prévue ce jeudi, à Paris.

Suite à la médiation du printemps, les distributeurs ont accepté une hausse de 25 euros/1 000 litres de lait, destinée à être “intégralement reversée aux producteurs”. Les enseignes sont contraintes de jouer la transparence par le biais des “pieds de facture”. Ce qui constitue, en contrepartie, un argument de poids face aux transformateurs laitiers : si, d'ici la fin de l'année, ces derniers n'ont pas répercuté les hausses accordées, les négociations sur les tarifs commerciaux risquent d'être très compliquées, début 2014.

Frédéric Gérard et Antoine Humeau




Frédéric Gérard et Antoine Humeau

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