Publié le
Vendredi 5 août 2016

Lactalis dans le collimateur syndical, les industriels s’insurgent

“256 euros la tonne, c’est le pire du pire ! Quand c’est le leader qui tire vers le bas, on doit tirer dessus !” assène Philippe Jéhan, le président de la FDSEA de la Mayenne. “Ça n’exclut pas les autres”, prévient-il, mais ils attendront… “On attaque la marque, l’image.” Jeudi soir 28 juillet, FDSEA et JA 53 ont lancé la campagne à leur tour, à l’issue d’une longue rencontre réunissant de nombreux adhérents à la maison des agriculteurs, à Laval. Des
affiches ont été distribuées. Y figurent des slogans du type “Lactalis voleur”. Les militants ont pour mission de les apposer dans les rayons de supermarchés.
Dès le lendemain, la FDSEA de la Sarthe organisait une action d’étiquetage des produits Lactalis (Président, Lactel, etc.) dans les grandes surfaces du département : “Ce produit crée du chômage”, ou “Ce produit ruine
les éleveurs.” Mercredi, les élus de la FDSEA de Haute-Saône invitaient leurs adhérents à ne plus payer la TVA.


La réplique des industriels



Le même jour, 29 juillet, le groupe laitier réagit dans un communiqué, en dénonçant “des actions syndicales irresponsables”. Pour le porte-parole du groupe Michel Nalet, “prendre l’entreprise pour cible ou bouc émissaire d’une crise laitière qui est européenne et mondiale de manière permanente et exclusive, et ce quels que soient les motifs, n’est pas acceptable. […] C’est scier la branche sur laquelle les producteurs, en premier lieu ceux livrant à Lactalis sont assis.” Il assure que son entreprise “a fait le choix d’améliorer la recette laitière des producteurs de 48

€/1000 l au mois d’août 2016 par rapport aux modalités d’application du contrat signé avec l’entreprise”, et que l’effort était de 30

/1000 l en juillet.


En écho, le 1er août, la Fédération nationale des industries laitières (Fnil) “déplore et condamne les tentatives d’intimidation de toutes sortes, proférées à l’encontre d’entreprises laitières par des individus se revendiquant d’un syndicalisme qui devrait prendre clairement ses distances avec ces méthodes d’un autre temps”.


La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) a répondu à son tour : “Le syndicalisme est dans son rôle quand il fait savoir ce que Lactalis veut cacher.” La FNPL salue “le courage des organisations de producteurs qui ont débuté un bras de fer avec l’entreprise Lactalis dans la négociation sur le prix du lait jusqu’à la fin de l’année”. Le syndicat dénonce “le manque d’ambition” de l’entreprise “au niveau français. Lactalis préfère investir et faire son beurre ailleurs !”


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