Publié le
Vendredi 24 juin 2016

La voie de l’autonomie passe par les méteils

En coup d’essai, ils implantent un mélange moitié céréales (avoine, triticale) et moitié légumineuses (pois, vesce et féverole). Mais cela ne suffit pas, “il n’y avait pas assez de MAT”. Ils optent donc l’année dernière, pour un mélange plus riche en légumineuses : 20 kg avoine, 8 kg de trèfle squarrosum, 30 kg de pois fourrager, 70 kg féverole et 20 kg de vesce. Et c’est une réussite. L’analyse du fourrage révèle une valeur alimentaire excellente : 43 % de MS, 16,8 de MAT, 100 de PDIN, 0,97 UFL. “On a récolté 6,5 t de MS/ha.” Denis Chauveau pense que la récolte aurait pu être retardée de dix jours pour gagner 2 tonnes de MS sans affecter la MAT. Mais les fenêtres de tir pour récolter étaient restreintes cette année et le choix s’est porté sur la sécurité. Autre regret : “On a mis trop de squarrosum, il étouffe les vesces et les pois. L’année prochaine, on n’en mettra que 4 kg.”


Beaucoup de légumineuses



Un vrai semis



Coté implantation, les parcelles ont été déchaumées avec un Catros (outil à disques) de chez Amazone. “On alterne chaque année outil à disques et vibroculteur pour préparer les sols.” Le mélange a été semé le 20 septembre au combiné herse rotative semoir à céréales, à 2 cm de profondeur. “En semant tôt, l’avoine se développe rapidement. Elle couvre le sol et empêche le développement des mauvaises herbes.”


Les éleveurs achètent des semences certifiées en pur et choisissent leurs variétés, comme le pois Arkta non gélif par exemple. Ils sont également vigilants sur la préparation de la composition. “On prépare le mélange dans la bétonnière pour un hectare. On prépare et on sème hectare par hectare pour assurer une bonne répartition des graines.” Ils ajoutent aussi de l’huile végétale pour homogénéiser le tout. Le semis est ensuite roulé, à la fois pour mettre les graines en contact avec la terre et pour enfoncer les pierres en vue de faciliter la récolte. Aucune intervention autre qu’un apport de 30 unités d’azote soufré à la sortie hiver n’est à prévoir sur la dérobée. “A l’avenir, on mettra du fumier à l’automne pour avoir une minéralisation plus longtemps.”


Quand les pois commencent à fleurir, le méteil est récolté en ensilage. Un maïs est implanté à la suite. “Comme il n’y a aucune restitution avec le méteil, c’est mieux de mettre un maïs grain plutôt qu’un maïs
ensilage pour laisser les résidus et ne pas pénaliser la céréale l’année suivante.”



Sécuriser le stock fourrager



Cet été, les éleveurs vont semer un couvert complexe tout de suite après la récolte des orges : 12 kg d’avoine brésilienne, 8 kg de trèfle incarnat, 10 kg de vesce de printemps et 2 kg de radis fourrager. “C’est un mélange qui résiste à la sécheresse et qui pousse pendant l’été.” Si les conditions climatiques sont favorables, cette interculture sera récoltée une fois à l’automne, en enrubannage ou en ensilage. “On le donnera aux génisses pour éviter les concentrés.” Les repousses seront restituées au sol au printemps.



Faire d’une contrainte
un atout



“L’obligation d’implanter des couverts l’hiver nous a obligés à avancer sur le sujet. Au départ, on voyait ça comme une contrainte, acheter des semences et avoir un chantier supplémentaire à faire. Aujourd’hui avec le peu de recul qu’on a, on voit que les sols se comportent mieux en sortie d’hiver, qu’ils se travaillent plus facilement et que les cultures s’implantent bien.” Mathieu et Denis ont aussi constaté moins de salissement dans les parcelles. “La première idée était de mettre des couverts et de les récolter. Maintenant, on réfléchit aussi à mettre des couverts agronomiques car les repousses de colza, ça ne vaut rien.”


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