Publié le
Vendredi 27 février 2015

La gestion du pâturage, un vrai métier !

Joseph Fétiveau : “Quand les merisiers fleurissent, il faut commencer le pâturage.”
Joseph Fétiveau : “Quand les merisiers fleurissent, il faut commencer le pâturage.”

Les questions affluent au sein du groupe des quatre éleveurs des Mauges. Quand sortir les animaux dans les paddocks ? Combien de temps pour que l'herbe ait repoussé ? Comment ne pas se laisser déborder par l'herbe ? Autant de points abordés par Anne Marquet lors de la deuxième journée de formation au pâturage tournant, organisée par le Civam AD49.

"Les vaches doivent pâturer vite”, annonce Anne Marquet, animatrice. Le principe du pâturage tournant est de faire des gros lots d'animaux qui restent peu de temps, “quatre jours au maximum”, sur des petites surfaces. Ainsi, “les animaux ne choisissent pas la végétation, mangent tout et n'ont pas le temps de s'attaquer aux repousses”. Pour préparer les parcelles à la pousse de printemps, on laissera les vaches raser les paddocks avant leur rentrée en stabulation. L'objectif du pâturage d'automne est double. D'une part, une herbe longue non consommée à l'automne ne pourra plus l'être après une période de gel. D'autre part, les légumineuses, non étouffées par les graminées seront conservées. “Sans lumière, le trèfle ne repousserait pas”, confirme Joseph Fétiveau, agriculteur à Vézins (Maine-et-Loire) qui venait témoigner de son expérience.="text-align:>

S'organiser tôt


Pour bien démarrer la saison, l'éleveur conseille de mettre en place les clôtures des parcelles avant février, de manière à pouvoir sortir les animaux dès que possible. “Si on attend qu'il fasse beau pour faire les clôtures, on perd une à deux semaines.” Une fois les paddocks en place, ils seront gardés pour l'année. “De janvier à février, on fait les déprimages, d'avril à juin, les vaches tournent sur la surface de base, et en juillet et août, on intègre les paddocks complémentaires.” Avant le démarrage de la pleine pousse, le déprimage est une étape à ne pas négliger. Précoce et rapide, l'exploitation de l'herbe se fait avant le stade épis à 10 cm, pour favoriser le tallage et remettre toutes les parcelles à niveau. La saison peut alors démarrer. Un repère ? “Quand les merisiers fleurissent, il faut commencer le pâturage”, sourit Joseph.

Quand retourner sur les paddocks ?


“Au départ, on tâtonne mais ensuite, l'œil se fait et on repère vite si le stade de la pâture est bon”, rassure Anne Marquet. Au printemps, suivant le type de prairies et les conditions climatiques, il faut compter trois à cinq semaines pour que l'herbe repousse, et deux mois en été et en hiver. Entre deux tours, l'herbe doit avoir le temps de refaire des réserves. “Tant que le haut des feuilles est carré, il ne faut pas y revenir.” En revanche, il ne faut pas faire pâturer de l'herbe plus haute que 18 - 20 cm. “Sinon, les vaches gaspillent, font des refus et on accumule du retard sur les autres paddocks.” Mieux vaut alors débrayer la parcelle et faire des stocks de foin et d'enrubannage, préconise l'animatrice. Au printemps et en été, Joseph déconseille de faire pâturer en dessous de 5 cm, “les racines risquent de sécher sous l'effet du soleil”. A l'automne, on peut descendre en dessous des 5 cm jusqu'à ce que les premiers refus soient entamés. Tout au long de la saison, un tour régulier des prairies s'impose pour décider de garder l'ordre des paddocks initialement prévu ou de changer au cas où une parcelle ait poussé plus vite. “On marche beaucoup, avec ce système”, s'amuse Joseph Fétiveau.

Sabine Huet


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Sabine Huet
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