Publié le
Vendredi 30 janvier 2015

La fin des quotas, “une opportunité, pas une menace”, selon Agritel

L

es marchés européens vont être en pleine mutation, a souligné Michel Portier, directeur général d’Agritel, en conférence de presse le 20 janvier. La production va augmenter, les prix européens vont devoir s’aligner sur les prix mondiaux, il faudra réorganiser la filière. Mais avec notre réactivité, on est capables d’affronter la concurrence internationale. Il ne faut pas avoir peur de l’ouverture des frontières. C’est une opportunité, pas une menace.”

Selon une étude de la société experte en stratégie des marchés agricoles et agro-industriels, la fin des quotas laitiers au 1er avril devrait entraîner une hausse de la production européenne de 8 % d’ici à 2020 : +20 % en Allemagne, +16 % aux Pays-Bas et +12 % en France, où les bassins laitiers pourraient se concentrer en Bretagne et dans le Nord-Est. “

L’Europe se met en marche pour répondre aux besoins internationaux croissants”, explique l’analyse prospective. Un bond de 50 % de la demande chinoise en produits laitiers est envisagé d’ici à 2022. La libéralisation du marché peut amplifier la volatilité des prix. De nouveaux outils sont prévus afin de s’y adapter. L’opérateur financier Euronext prépare le lancement, au 1er avril 2015, d’une gamme de trois nouveaux contrats à terme et d’options sur les produits laitiers. De son côté, Agritel envisage d’étendre ses activités au secteur animal, avec le développement de nouvelles fonctionnalités sur son logiciel de gestion du risque de prix.


Relance des exportations de sucre



Côté sucre, il reste deux années à la filière pour anticiper la suppression des quotas.

“Les opérateurs européens vont devoir restructurer leurs activités pour être compétitifs”, a prévenu Michel Portier. D’après l’étude, la production européenne devrait augmenter. Elle se situe aujourd’hui au troisième rang mondial, avec environ 15 Mt, derrière celle du Brésil (40 Mt) et de l’Inde (25 Mt). Comme le souligne Agritel,

“la demande mondiale ne cesse de croître” et devrait grimper de 30 à 40 Mt d’ici à 2023, avec près de 40 % de hausse en Chine et 45 % en Afrique.


Avec la fin des quotas, les exportations européennes seraient relancées pour atteindre 5 à 6 Mt vers les pays tiers contre 1,5 Mt actuellement. Agritel voit la France sur la première marche du podium, avec 1 à 1,5 Mt vendues, notamment en Afrique, contre 0,3 Mt aujourd’hui.



“La volatilité des prix du sucre sera extrêmement importante”, a aussi mis en garde Michel Portier. Pour s’en prémunir, des contrats cotés en dollars existent déjà sur les deux principaux marchés à terme : le Chicago Mercantile Exchange et l’ICE à Londres.

“Les principaux pays producteurs européens, France Allemagne, pourraient être intéressés par un contrat sucre spécifique, coté en euros par tonne, avec un nombre de points de livraison réduits”, affirme Agritel, qui réalisera cette année une étude pour en analyser la pertinence. Euronext planche également dessus, voyant dans le sucre, mais aussi les biocarburants, des marchés potentiels pour se développer.

“On a beaucoup de projets, dans de nouveaux produits agricoles comme le sucre, ou dans l’énergie”, a indiqué Nicholas Kennedy, directeur commercial matières premières chez l’opérateur financier.



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22 mai 2020 - N° 21
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