Publié le
Lundi 9 mai 2011

La FDGDon et l'utilisation d'un répulsif

La Fédération des chasseurs propose à la vente un produit appelé Culture protect, censé lutter contre les dégâts dans les cultures. La FDGDon met en garde les agriculteurs contre son utilisation.Les agriculteurs sont de plus en plus exposés aux dégâts des cultures causés par les sangliers. Leur indemnisation est prise en charge par les chasseurs. Pour la campagne de chasse 2009-2010, plus de 120 000 euros ont été versés aux agriculteurs. C’est dans ce contexte que la Fédération départementale des chasseurs rétrocède un produit, le Culture protect, au prix de 15 € la dose pour un hectare (la moitié de son prix d’achat) aux sociétés de chasse. “Testé en Alsace, ce produit se révèle efficace sur les semis de maïs par enrobage de la graine. Il agit aussi sur les dégâts de corvidés” estime la fédération des chasseurs.
“Nous avons mis en garde la fédération des chasseurs contre l’utilisation de ce produit. Mais nous n’avons pas été entendus”, regrettent Alain Colas et Marc Pondaven, président et directeur de la FDGDon. Les problèmes sont de plusieurs ordres. “D’abord, Culture protect ne bénéficie d’aucune AMM (autorisation de mise sur le marché). Ensuite, la FDC n'est pas habilitée et son personnel est non qualifié pour vendre ou distribuer, même à titre gracieux, des produits phyto-pharmaceutiques ou biocides. L’agriculteur qui utiliserait un mauvais produit s’exposerait à des pénalités en cas de contrôles par les services de l’Etat.” Marc Jacquet, le DDTM, est intervenu en ce sens à l’assemblée générale de la Fédération des chasseurs, le 16 avril.

100 % naturel ne veut pas dire inoffensif
“Une clarification réglementaire est intervenue récemment, entre les biocides, qui relèvent désormais du ministère de l’Ecologie, et les produits phyto-pharmaceutiques, qui dépendent du ministère de l’Agriculture. Ces derniers n’ont qu’un objectif : la protection des végétaux et des cultures” explique Marc Pondaven, directeur de la FDGDon, chargé d’organiser la lutte contre les organismes nusibiles sur végétaux et cultures. Il est aussi rapporteur national auprès de la sous-direction de la qualité et de la protection des végétaux (ministère de l’Agriculture).
“En droit français, on n’interdit pas forcément la vente de produits qui ne sont pas utilisables légalement. Dans le cas présent, l’amalgame consiste à dire qu’un produit 100 % naturel n’a pas besoin d’AMM. Ou qu’il n’est pas dangereux pour la santé. Ça ne veut pas dire non plus qu’il ait une quelconque inocuité environnementale. Un produit sans AMM peut provoquer de graves nuisances environnementales car il n'a pas été testé sur sa composition pour les atteintes à la faune et ses effets non intentionnels”.
La distribution de tels produits relève d’un agrément DAPA : distributeur applicateur de produits antiparasitaires. C’est la même réglementation qui va s’appliquer dans CertyPhyto. “Notre mission, c’est de protéger les
végétaux et les cultures, dans le respect de la législation environnementale et de la santé des applicateurs et des consommateurs. Il y a, en la matière, un problème de compétence de la FDC et de son personnel en particulier, ces sujets ne relevant pas légalement de leur compétence” conclut Marc Pondaven. Le SRAL (service régional de l’alimentation/Draaf) devrait prochainement communiquer sur le sujet.

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