Publié le
Vendredi 20 mars 2020

La dose de semis ne fait pas le rendement de la prairie

La productivité d’une prairie est meilleure avec un semis à la volée.
La productivité d’une prairie est meilleure avec un semis à la volée.

Etudier la qualité de l’implantation des prairies, c’était l’objectif de l’Idele et des fermes expérimentales de Thorigné-d’Anjou (49) et de Mauron (56). Le projet FranceAgriMer Implantec (2016-2019) visait à estimer les pertes à la levée et à mesurer l’effet de la dose de semis et du mode de semis.

La dynamique de levée des espèces prairiales s’évalue en calculant les taux de levée et de perte à la levée (1). Pour certaines espèces, notamment la fétuque élevée, le nombre de pieds au m2 est plus élevé au printemps que le nombre de plantules levées trois semaines après le semis. “Ce sont des levées échelonnées, lentes à l’installation”, explique Patrice Pierre de l’Institut de l’Elevage. Pour d’autres, RGA ou RGH, les levées sont relativement groupées. Le nombre de plantules équivaut au peuplement final. “Ces espèces sont rapides à l'installation.” Le trèfle violet présentait un grand décalage de plantes entre l’automne et la fin du printemps suivant. “On a eu des pertes pendant l’hiver. Les plantules ont régressé sous l’effet des conditions climatiques.” Au global, le taux de perte moyen toutes espèces confondues est de 49 % dans cet essai ! En tête, le trèfle violet (70 %), suivi de la luzerne et du dactyle (40 %). Les raygrass sont à 30-35 % et la fétuque élevée à 20 %. “La moitié des graines disparaissent.” Les raisons sont diverses : présence de mottes, semis trop profond, mauvais contact sol graine, faibles précipitations post semis, température élevée, salissement, dégâts de limaces.


Semer plus ou moins ?


Au vu de ces résultats, une question se pose : faut-il augmenter les densités de semis ? La modulation de dose a été testée sur une association de 20 kg RGA et 3 kg de trèfle blanc (dose pivot). Plus ou moins 30 % ont été appliqués sur la totalité du mélange ou seulement sur le raygrass.


Résultat, l’augmentation de la dose de semis majore le peuplement. “Cent graines au m2 de RGA en plus au semis, c’est 74 pieds en plus à la levée.” Cela dit, ce peuplement plus dense n’engendre pas de hausse de rendement en année 1. La dose minorée atteint le même niveau de productivité que la dose majorée sur les trois premiers cycles. “A faible densité, les espèces compensent grâce à leur capacité de tallage et de stolonisation.” La dose forte a même un effet délétère en introduisant une concurrence accrue entre les plantules.


Dans ce même essai, les chercheurs ont noté un taux de levée très faible pour le trèfle blanc, de l’ordre de 20 %, soit 80 pieds/m2. Et pourtant la contribution de cette légumineuse au rendement de la prairie au printemps est passée de 6 % en premier cycle à 50 % en troisième cycle. “Le trèfle blanc peut supporter un très faible peuplement à l’installation dans les prairies d’association.”


Avantage au semis à la volée


Le mode de semis a également été mis au banc d’essai sur un mélange RGA trèfle blanc. Le taux de levée de la prairie est supérieur de 7 % avec un semis à la volée, en relevant les bottes du semoir, par rapport à un semis en ligne pour lequel les plantules subissent plus de concurrence vis-à-vis des réserves nutritives. Autre avantage du semis à la volée, le salissement est moindre, les adventices ayant moins accès à la lumière. Question productivité au premier printemps, l’avantage va aussi au semis à la volée : plus de rendement et une contribution des adventices au rendement inférieure.


Sabine Huet




(1) Le taux de levée est le nombre de plantules par rapport au nombre de graines au m2. Le taux de perte est le nombre de pieds au m2 par rapport au nombre de graines au m2.


Sabine Huet
Le journal
27 novembre 2020 - N° 48
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