Publié le
Lundi 27 juin 2011

L’objectif est de ralentir la vitesse d’avancement dans les parcelles d’herbe

Habituellement autonome en fourrages, du fait d’un contexte pédoclimatique favorable et d’un chargement adapté, Gérard et Fabienne Quinton installés à Chailland, sont contraints, comme l’an dernier, de passer par la case achat. Se posent alors de nombreuses questions…

Où en êtes- vous dans le cycle de pâturage ? Etes- vous toujours en pâturage plat unique au vue des conditions climatiques ?
Nous avons commencé le 3e cycle le 5 juin avec un retour sur paddock de 52 jours. Avec le manque de pluie persistant (seulement 19 mm en mai et 22 mm depuis le début juin) la pousse est anormalement faible ce qui nous oblige à donner 2 kg de trèfle violet déshydraté par vache depuis début juin et à augmenter progressivement la quantité de foin distribué [5 kg MS/j/VL].
Fin mai nous avons fait pâturer 2 ha initialement prévus pour être fanés. Cela nous a permis de gagner 12 jours de pâture. La production était descendue à 16 litres de lait par vache, elle est remontée à 18 litres depuis que l’herbe pâturée est plus tendre et variée avec un peu de légumineuses.
L’objectif est de ralentir la vitesse d’avancement dans les parcelles d’herbe en faisant pâturer au fil et en distribuant plus de foin au moment de la traite [7 à 8 kg par jour]. Ceci devrait permettre, avec l’eau tombée ces derniers jours, une meilleure repousse dans les parcelles fanées entre le 15 et 20 mai et surtout dans les paddocks où le trèfle violet est bien présent. Tout cela nous aidera à faire un peu de stocks sur pied en respectant un temps de repousse suffisant pour des pâtures à base de légumineuses et ainsi diminuer la quantité de foin distribué.

Où en êtes-vous sur la réalisation des stocks et au niveau du bilan fourrager ?
A ce jour [20 juin] nous n’avons fait que 30 t de foin soit 40 % des besoins d’une année normale où la distribution ne commence qu’en fin d’été. Compte tenu de l’année exceptionnellement sèche où nous distribuons déjà du fourrage stocké, nous avons des besoins supplémentaires. Nous estimons les achats de foin ou fourrages déshydratés entre 40 et 85 t MS. Nous avons déjà eu une livraison de trèfle violet déshydraté bio de 13 t. Des prévisions d’achat de foin sont en cours de discussion. Mais le rayon de recherche s’élargi de jour en jour pour trouver du fourrage dont on ne connaît pas la qualité.
L’incertitude reste la pluviométrie à venir. S’il pleut suffisamment, maïs et betteraves pourront pousser correctement. Quant aux prairies [30 ha] leurs rendements d’ici la fin de l’année, peut varier de 0,5 à 2 t MS/Ha en étant optimiste.
Nous réfléchissons aussi à réadapter notre chargement [1,2 UGB/ha]. L’anticipation de quelques réformes peut nous aider à diminuer les achats de fourrages. Enfin, nous essayons de rester optimistes avec le retour des pluies et des prévisions plutôt favorables à la pousse…

Herbe sur pied
“Après une première fauche précoce (avant début juin) des paddocks complémentaires, l'herbe repousse feuillue et sans épis (les épis ont été coupés par la fauche). Plutôt que de faucher un regain, on préfère laisser patienter cette herbe dans la prairie pour la pâturer plus tard” (cahier technique de l'agriculture durable n°1)
Attention cependant, la fauche ne soit pas être trop précoce (avant 15-20 mai) au risque de voir épier l'herbe dont les épis n'auraient pas été sectionnés.


Dans le cas présent et vu les conditions météo particulières, Gérard a fait pâturer une parcelle réservée à la fauche ce qui n'est pas exactement du stock sur pied car contenant des épis. Mais en système très herbager, il peut être judicieux de ne pas faucher une parcelle prévue à foin pour ne pas accélérer le rythme de pâturage sur l'ensemble des parcelles. Mais il faudra s'attendre à une chute de lait importante car une parcelle épiée a une valeur bien plus faible qu'une parcelle de stock sur pied comme nous la définissons habituellement.
Le journal
23 octobre 2020 - N° 43
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