Publié le
Vendredi 19 février 2016

L’essor du biocontrôle reste entravé

La loi d'avenir pour l'agriculture allège la réglementation sur le biocontrôle, via des “coupe-files” permettant à l'Anses d'étudier de manière accélérée et privilégiée ce type de produit, a relevé le député Dominique Potier. Le projet de loi de finances accorde à l'agence des moyens supplémentaires en vue de faciliter leur mise sur le marché, a-t-il aussi souligné. Reste que le biocontrôle est surtout présent en cultures spécialisées : 85 % des serres à tomates sont concernées, 50 % des surfaces en arboriculture sont traitées avec des phéromones, d'après les chiffres de l'IBMA France (association des entreprises du secteur). “Il y a moins de solutions pour les céréales, colza, maïs, pommes de terre”, a reconnu le secrétaire général Denis Longevialle. En grandes cultures, dix à quinze solutions existent sur le marché, selon lui. 20 % des surfaces de maïs traitées contre la pyrale reçoivent des trichogrammes, et le phosphate ferrique, utilisé pour les limaces, concerne environ 300 000 ha.


Besoin de temps



“Il faut du temps pour bien connaître le phosphate ferrique, a souligné Mathias Sexe, directeur agronomie et développement chez EMC2. A force d'essais sur le terrain, on obtient une bonne efficacité. Nos ventes ont doublé en deux ans, alors que d'autres coopératives ne référencent même pas le produit.” Quant aux trichogrammes, leur utilisation pourrait connaître un nouvel essor grâce à l'épandage par drone.


“Les produits de biocontrôle nécessitent beaucoup de technicité”, a pointé Didier Lasserre, ingénieur agronome d'Arvalis. Il peut s'agir d'organismes vivants, rien à voir avec les produits chimiques, autrement plus stables. “J'utilise du purin d'ortie, de renouée du Japon, de luzerne et ça marche sur mon exploitation, a témoigné Pierre Dabit, président de Jeunes Agriculteurs de la Meuse. Mais il n'y a pas d'AMM (autorisation de mise sur le marché,).” Idem pour des huiles essentielles, que l'agriculteur utilise depuis récemment, en micro-doses. “Le plus gros problème pour moi, c'est la législation. Faute d'AMM, je suis hors-la-loi et je risque mes primes Pac.”


Le biocontrôle devrait néanmoins se développer sous l'impulsion de l'arrivée d'une cinquantaine de nouveaux produits à l'horizon 2018 (17 en vigne, 14 en légumes, neuf en fruits, sept en céréales, deux en betteraves), d'après l'IBMA. De 3 à 5 % du marché de la protection des plantes, le biocontrôle pèserait trois fois plus dans cinq ans.


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