Publié le
Vendredi 7 mars 2014

L’avenir s’éclaircit peu à peu pour le prix du lait

La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) ne voit “aucune raison objective à ne pas payer le prix du lait aux producteurs à sa juste valeur”. C’est la conclusion qu’elle tire après s’être “invitée” aux négociations entre industriels et distributeurs, entre le 25 et le 27 février. “Les négociateurs ont intégré l’objectif de valorisation de la matière première laitière dans leur discussion”, a constaté la FNPL. Selon André Bonnard, trésorier, “tout le monde était satisfait de discuter avec nous pour savoir ce que l’on attendait”.
Dominique Chargé, président de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL), abonde : “Nous avons observé depuis le début de la semaine une détente dans la position des distributeurs, qui ont bien pris conscience de la nécessité d’augmenter le prix du lait et de restaurer la capacité économique des entreprises de transformation.” Il précise toutefois que les négociations “restent difficiles, avec un refus de monter le prix du lait au niveau de l’environnement économique européen”.


Les distributeurs changent de ton



Dès le 24 février sur son blog, Michel-Edouard Leclerc, patron du groupe de distribution, assurait que “E.Leclerc achète à la hausse par rapport à 2013, tant pour le lait de vache que pour le lait de chèvre (…). Quand je parle d’achat à la hausse, c’est y compris par rapport aux prix issus de la médiation l’an dernier”. Michel-Edouard Leclerc affirmait que si les négociations sur le prix du lait “ne sont pas simples”, elles sont “même dures avec les gros industriels privés car les hausses qu’ils exigent sont totalement déconnectées de la réalité économique.” En revanche, “cela se passe mieux avec les coopératives qui ont des exigences tarifaires élevées mais plus proches de la réalité”. Et le patron des centres Leclerc de déclarer : “Toutes les hausses acceptées par E.Leclerc ne retombent visiblement pas dans la poche des éleveurs.”


Le lendemain, la FNCL répondait via un communiqué que leurs demandes étaient “d’un niveau d’exigence identique aux requêtes des autres acteurs privés”.


Le 25 février, c’est Intermarché qui s’engageait via un communiqué à “soutenir la filière lait”. L’enseigne, qui est aussi transformateur à travers sa Laiterie Saint-Père, “a décidé d’appliquer dès le 1er mars les tarifs des industriels intégrant une revalorisation du prix du lait payé aux producteurs sur la base de 365 € /1 000 l”. Le distributeur répercutera ce qu’il estime être une “aide à la production laitière” dans les prix publics. Il en appelle “à la responsabilité de tous les distributeurs pour suivre cette voie et demande à l’ensemble des industriels que cette hausse accordée soit intégralement reversée aux éleveurs”. Cette annonce a débloqué la situation, et le chiffre de 365 € /1 000 l semble avoir été retenu par tous.



Objectif : 380 €/1 000 l en 2014



Le président de la FNPL, Thierry Roquefeuil, avait demandé, compte tenu des éléments actuels, un prix moyen de 380 € /1 000 l en 2014. Mais les coopératives comme les entreprises privées exportent une partie de leurs produits sur le marché mondial, aujourd’hui très rémunérateur. Ce qui doit leur permettre, au final, de rémunérer les éleveurs à hauteur de 380 € /1 000 l, veut croire la FNPL. “Tout le monde veut éviter une crise”, explique André Bonnard. Les distributeurs semblent aussi être prêts à une augmentation des prix des produits laitiers à la consommation.


Les négociations commerciales entre industriels et distributeurs devaient se terminer vendredi 28 février. Ensuite, chaque organisation de producteurs négociera avec son collecteur le prix du lait payé aux éleveurs. L’enjeu est de répercuter les hausses obtenues par les industriels aux producteurs. La FNPL espère désormais de la “lisibilité” et de la “transparence” lors de ces négociations.


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