Publié le
Jeudi 24 janvier 2013

L’autonomie passe par le séchage du foin chez Raphaël Brunet

Raphaël Brunet, éleveur de chèvres à Saint-Hilaire-du-Bois, a investi dans un séchoir en grange pour réduire les achats d'aliments à l'extérieur. Economies prévues : 28 000 euros par an.

Cinq exploitations caprines en Maine-et-Loire ont investi dans un séchoir en grange. Raphaël Brunet est le dernier à avoir fait ce choix, en 2011, après cinq années de réflexion. “Le climat nous embête tellement ici qu'on est déjà content quand on produit cinq mois d'herbe dans l'année, et en général c'est un foin moyen. Je voulais un foin de qualité, sans perte, où l'animal mange tout.” Faire du foin, tous les éleveurs savent, mais du foin de qualité c'est plus difficile. “Il faut plus de huit jours de beau temps au moment de la récolte pour avoir un foin de qualité, ce qui est très rare.” Avec le séchoir en grange, deux jours suffisent : “Le lundi matin je fauche, et je fâne juste après. Le mardi matin, je re-fâne, le mardi soir c'est l'andainage et le mercredi je rentre tout en fin de matinée.” Le foin arrive donc en grange à 55 ou 60% de matière sèche et le séchoir fait le reste.

Deux tonnes de plus 
par hectare

L'équipement permet d'optimiser les prairies, en permettant de faucher toutes les six semaines. L'an dernier, pour la première année de fonctionnement de son séchoir, Raphaël Brunet en a fait trois seulement (la faute à la pluie). Mais les récoltes étaient prolifiques : entre 2 et 2,5 tonnes de plus par hectare. “On ramasse tout, on ne laisse pas de feuilles, et au final on a un fourrage de meilleure qualité”, constate Maelgwen Alemani, animatrice à l'association Segrafo qui promeut le séchage du foin en grange. “Cela permet de valoriser au mieux les prairies multi-espèces, notamment la luzerne, et on améliore l'appétence des fourrages, il n'y a plus de refus.”


20 000 à 28 000 € d'économies par an


Avoir un fourrage de meilleure qualité permet normalement de réduire l'apport de concentrés. Autrement dit, “capter la valeur ajoutée sur l'exploitation, être moins dépendant de l'extérieur”. Raphael Brunet a peu de recul, il n'a commencé à distribuer son nouveau foin qu'en juin dernier. “J'ai diminué les concentrés mais pas trop, pour éviter une chute de la production laitière.” Il est passé de 1,8 kg à 1,4 kg par jour et par chèvre. Objectif pour 2013 : pas plus de 1kg. Au final, il devrait réaliser des économies de 28 000 euros par an. Pour l'instant, l'économie réalisée est estimée à 20 000 euros. “Avec la hausse des coûts de l'aliment, les économies devraient grimper à 25 000 euros dès 2013”, estime Maelgwen Alemani. L'investissement de tout son équipement s'élève à 180 500 euros hors subventions et autochargeuse. Cela représente 17 000 € de remboursement par an sur douze années.


Moins de travail

Le séchage en grange permet par ailleurs de réduire globalement le temps de travail. “Quand il faut engranger, il fait de grosses quantités de fourrage d'un coup, mais après, il n'y a plus de bottelage, et tout est à portée de main”, explique Virginie Tardif, conseillère chèvres à Elevage conseil Loire Anjou.

Mais le séchoir n'est pas une garantie contre les aléas climatiques. “Si on a beaucoup de pluie, ce sera plus compliqué de faire sécher, il faut suffisamment d'ensoleillement pour que la plante se développe bien”, observe Virginie Tardif.

Antoine Humeau 

antoine humeau

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