Publié le
Vendredi 13 mai 2016

L’apprentissage du désherbage mécanique

“On a 25 hectares de céréales, donc beaucoup de rotation de maïs [surface équivalente, jusqu'ici], sur un parcellaire très morcelé. On fait un apport de fumier en mars — à l'automne, sur les prairies, implantées en longue durée. On passe avec le déchaumeur à disques de la Cuma pour mélanger.”
La première phase d'évolution s'est articulée autour du sans-labour. “Depuis 2001, on suit la méthode PRP, pour enrichir les sols en humus. On travaille la surface à 10-15 cm de profondeur maximum. On travaille avec une charrue agronomique : cela permet un labour superficiel, sans utiliser de glyphosate. Cette année, tout début mai, on a aussi passé le cultivateur avant la petite charrue, pour limiter l'usure sur la charrue.”
Jusqu'ici, le binage était accompagné de désherbage chimique, “c'était la roue de secours”. Mais depuis le 22 avril, le Gaec est entré en conversion bio. “On avait déjà réalisé une première étude en 2008, on s'était projeté dès 2001, avant de signer un CTE, sans jamais sauter le pas. Cela fait plus de quinze ans qu'on travaille sur l'agronomie des sols. Et on avait envie de prouver que nos techniques avaient certainement leur place.”
L'assolement va donc changer. “On va réduire les surfaces de maïs de 25 à 15 ha. On n'aura plus de cultures de vente (blé et orge) qu'on va remplacer par des mélanges céréaliers. Il y aura toujours 5 à 6 ha de luzerne.”


Une évolution progressive



Observation
et patience



En désherbage mécanique “pur”, la clé est de ne pas semer de manière précoce, afin d'éviter que le maïs végète. “Il faut savoir être patient… Et aujourd'hui, on connaît quand même la météo à dix jours.” La maîtrise des adventices s'effectue en fonction du développement du maïs, après avoir préparé un bon lit de semences, en faux semis. “Jusqu'ici, on utilisait surtout la bineuse. Désormais, à la première levée des mauvaises herbes, on passe la herse à l'aveugle. Puis la houe rotative, au stade deux feuilles (ce sera le cas le 30 mai). On prévoit ensuite deux passages avec la bineuse, après observation au stade 4-6 feuilles.”


Reste “la grande interrogation” : la diversité des sols de l'exploitation, de séchants à humides. “Mais dans l'ensemble, on a plutôt de bons résultats, à peu près équivalents d'une parcelle à l'autre, et réguliers, ce qui est rassurant : depuis une dizaine d'années, on oscille toujours entre 85 et 95 quintaux.”


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29 mai 2020 - N° 22
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