Publié le
Vendredi 9 janvier 2015

L’évaluation visuelle des sols pour connaître sa performance

Graham Shepherd a mis au point une méthode “simple, applicable par tous, partout dans le monde, quel que soit le type de terre”, permettant d’évaluer l’état du sol et la performance des plantes. “C’est abordable, ça fonctionne bien et on peut mesurer l’évolution dans le temps”, confirme Shane Bailey de PâtureSens. “L’EVS cherche à mettre en évidence les problèmes à l’aide de critères visuels, en faisant ressortir une réalité scientifique bien plus compliquée”, explique le chercheur. L’intérêt majeur est de pouvoir mesurer l’évolution résultant d’un changement de pratiques sur les prairies.
L’outil se compose d’un livre explicatif et d’une fiche d’évaluation qui répertorie dix indicateurs pour le sol et dix pour les plantes. Pour chacun d’entre eux, est expliqué comment effectuer le test, comment attribuer la note (de 0 à 2) en comparaison à des photos de référence, et l’importance du critère dans la vie du sol. Un coefficient relatif à son importance dans le calcul global est affecté à chaque indicateur. Le score est obtenu en additionnant les résultats pondérés. “Une note inférieure à 20 révèle un sol en mauvais état physique et biologique. Au-delà de 35, le sol fonctionne bien.” On peut reprocher à la méthode de se limiter à l’état des lieux et de ne pas apporter de pistes pour améliorer l’activité biologique des sols, ni de conseils dans le changement de pratiques.


Dix critères pour révéler l’activité du sol



Les cinq premiers indicateurs évaluent l’état physique du sol. 1- La texture, “la proportion d’argile, de limons, et de sable, c’est le seul composant sur lequel on ne peut pas agir”.


2- La structure au travers de la taille des agrégats.


3- La porosité en fonction de la présence de macropores et de micropores.


4- Le nombre et la couleur des taches d’hydromorphie. “Le compactage est le pire ennemi de la structure et donc de la porosité et de l’assimilation des éléments par les plantes. Une faible activité biologique dans un sol en anaérobie entraîne un manque d’ATP (1) qui est le carburant du sol.”


5- La couleur du sol, par comparaison d’un échantillon pris au milieu de la parcelle avec celui pris dans le talus ou sous la clôture.


6- Le nombre de vers de terre dans un cube de 20 cm de côté et la diversité des espèces présentes. “C’est plus l’absence de diversité qui va être pénalisante.”


7- L’odeur de la terre : odeur de forêt ou odeur de minéral, d’œuf pourri.


8- Le potentiel d’enracinement, de moins de 20 cm à plus de 80 cm


9- L’accumulation d’eau en surface, à évaluer dans les 7 jours.


10- Le relief de surface : sol déformé, régulier, croûte de battance, etc.



Dix indicateurs pour les prairies



1- La qualité de la flore, “l’optimal est d’avoir une diversité de 15 à 20 espèces. Les légumineuses, les plantains 'Ceres Tonic' et la chicorée 'puna 2' contiennent plus d’éléments que le ray-grass”.


2- La taille et le nombre des nodosités de trèfle, la profondeur à laquelle elles se trouvent, leur couleur interne et externe. “Si elles sont roses, elles contiennent de la leghémoglobine et produisent de l’azote.”


3- La présence d’adventices dans les prairies, “qui traduit un déséquilibre des éléments du sol”.


4- La productivité de l’herbe.


5- La couleur et la croissance de la prairie.


6- Le comportement des vaches à leur entrée dans le paddock, “elles mangent tout de suite ou elles tournent”. 
7- La longueur et la densité des racines.


8- La part de surface de sol nu. 9- La réaction des plantes au stress hydrique, “il existe des leviers pour améliorer la réaction des plantes à la sécheresse”.


10- Le coût de production, stable ou variant au fil des années.


Le score “plante” est à mettre en corrélation avec le score “sol” pour évaluer leur performance. Logiquement, ils devraient être proches. “Si la performance du sol est bonne mais que celle de la prairie est faible, l’agriculteur n’optimise pas les potentialités agronomiques. A l’inverse, si la note 'prairie' est supérieure à la note 'sol', il faut se pencher sur le coût de production et voir si le système est durable”, remarque Graham Shepherd.


Le journal
23 octobre 2020 - N° 43
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