Publié le
Vendredi 5 juillet 2013

Jean-Luc Beudin : "Lactalis doit arrêter de toujours tirer les prix vers le bas"

Jean-Luc Beudin est administrateur de la FDSEA de la Mayenne. 
Il est avant tout producteur de lait livrant à Lactalis, à Saint-Cyr-en-Pail, dans le nord-est du département.

La FDSEA 53 appelle à la mobilisation, la semaine prochaine, contre Lactalis. Les autres syndicats de l’Ouest sont sur la même longueur d’ondes. Ils reprochent à l’entreprise de ne pas avoir trouvé d’accord sur le prix du lait avec l’Unell, union d’OP Lactalis, le 27 juin. Le groupe se contente d’ “un prix politique” autour de 335 euros sur l’année, alors que “les indicateurs annoncent un prix d’au moins 345 euros sur 2013” et que “le prix de revient moyen des producteurs est de 340  euros”. Si l’industriel augmente à 354 euros, c’est seulement pour le mois de juillet. Or, “toutes les laiteries ont annoncé entre 370 et 377 euros !" 

Bien qu’en vue de l’après-quotas, des stratégies d’entreprises différentes se dessinent, Jean-Luc Beudin ne veut pas entendre parler de “décrochage” de prix, “sinon les autres vont suivre”. Ce qui lui rappelle “de mauvais souvenirs”, plus récents : “En fin d’année, Lactalis nous a pompés 0,5 ct (du litre) pour suivre Sodiaal. La différence, c’est que la coopérative les a rendus, ensuite. Puis, en décembre et janvier, le lait n’était pas payé cher. Avec l’intervention du médiateur, on a obtenu une hausse. Mais chez Lactalis, ces 25  euros ne sont pour l’instant qu’un acompte.”

Les céréales, le double prix


Jean-Luc Beudin ne comprend pas la position du géant laitier qui, “comme toutes les laiteries en ce moment, manque de lait”. “A force de toujours tirer sur les prix, les éleveurs vont abandonner la production, et Lactalis va aller chercher son lait ailleurs… C’est déjà le cas”, note le producteur. “Les frais vétérinaires, d’insémination, de contrôle laitier, les concentrés : tout a augmenté. Le fioul a doublé en trois ans. Sur mon exploitation, j’en consomme 18 000 litres par an.”

Les représentants de la laiterie font la sourde oreille, reprend son collègue Jean-Luc Chesneau.“Ils ne veulent pas entendre parler des charges qu’on a en plus. Ils disent qu’on fait tous des céréales (en plus du lait) dans la région. Mais ce n’est pas le même problème.”

Frédéric Gérard



Frédéric Gérard

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