Publié le
Mercredi 29 avril 2020

"J’apprends à télétravailler, cela me servira plus tard dans ma vie professionnelle"

Marie Grignoux :  " Mon maître d’apprentissage me laisse gérer mon temps comme je l’entends. J’ai une réunion hebdomadaire avec lui, ça permet de garder le lien avec l’actualité de l’entreprise et de faire le point sur le travail".
Marie Grignoux : " Mon maître d’apprentissage me laisse gérer mon temps comme je l’entends. J’ai une réunion hebdomadaire avec lui, ça permet de garder le lien avec l’actualité de l’entreprise et de faire le point sur le travail".

Marie Grignoux est étudiante en quatrième année du cursus ingénieur à l’Esa (Ecole supérieure d’agricultures) d’Angers. Elle est aussi apprentie ingénieure R&D chez Neolait. Les mesures de confinement lui ont imposé d’importantes adaptations pour son stage et ses cours. Témoignage.

Marie Grignoux partage habituellement son temps entre l’école et l’entreprise, par périodes de deux à six semaines. Cette étudiante en quatrième année du cursus ingénieur est en effet également apprentie, au sein de l’entreprise Neolait, spécialisée dans la fabrication d’aliments minéraux et complémentaires pour animaux d’élevage. A l’annonce de la fermeture de tous les établissements de formation mi-mars, tous les étudiants du cursus ingénieur ont dû retourner en entreprise ou se mettre en télétravail pour l’entreprise.

"Ma fonction, au service Recherche et Développement, me permet de réaliser toutes les tâches à distance, de chez mes parents et avec mon ordinateur de fonction. Nous avons reçu les cours initialement prévus sous forme de PDF." Théoriquement, les étudiants auraient dû consacrer leurs matinées à l’entreprise et leurs après-midis à l’école. "En pratique, c’est plus compliqué, et on est souvent tentés d’avancer sur nos missions d’entreprise pendant le temps d’école." De plus, "les cours ne sont pas toujours simples et peuvent faire plusieurs dizaines de pages, c’est un peu rebutant". Certains apprentis étaient sollicités par leur entreprise sur le temps prévu pour l’école. Mais "en général, les employeurs sont compréhensifs. Mon maître d’apprentissage me laisse gérer mon temps comme je l’entends. J’ai une réunion hebdomadaire avec lui, ça permet de garder le lien avec l’actualité de l’entreprise et de faire le point sur le travail fait et à faire. C’est une relation de confiance mutuelle et ça porte bien ses fruits".

Depuis le 27 avril, c’est "école à 100% avec les cours prévus sur le semestre". Des vidéos remplacent les cours magistraux en amphithéâtre, et à la place des cours en groupes réduits, les étudiants se connectent ensemble en vidéo via Skype. "C’est assez bien organisé et ça devrait nous permettre une bonne continuité pédagogique, cela nous demande plus d’autonomie dans le travail, on est moins encadrés, glisse Marie Grignoux. Je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose, c’est une compétence attendue chez un ingénieur".

Problèmes de connexion

Loin d’être fataliste ou défaitiste, la jeune étudiante voit dans cette situation particulière "une opportunité de développer des compétences ou d’accorder du temps à des activités que nous n’avons d’habitude pas le temps de faire". Certains étudiants (non-apprentis) ont profité de l’arrêt ponctuel des cours pour travailler en usine agroalimentaire ou dans les fermes familiales. "Pour ma part, j’ai collecté des équipements de protection pour les infirmières de ma commune, je suis dans la réserve du Secours populaire, et je passe du temps avec ma famille. J’apprends à télé-travailler, c’est quelque chose qui pourra me servir plus tard dans ma vie professionnelle."

Finalement, ce qui pose le plus de problèmes est la connexion internet. "J’habite à la campagne et ça coupe régulièrement, les réunions en entreprise peuvent être compliquées mais tout le monde est dans le même bateau et on peut s’appeler directement."

Et "de toute façon, notre année n’est pas perdue", se rassure Marie Grignoux. "L’organisation entre l’école et l’entreprise a permis de limiter l’impact sur notre scolarité." En revanche, "c’est plus compliqué pour ceux qui préparaient des concours ou ceux qui ont vu leur séjour d’étude annulé".

 

 

Antoine Humeau

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23 octobre 2020 - N° 43
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