Publié le
Vendredi 4 janvier 2013

Intégrer du mécanique dans le désherbage des protéagineux

La tolérance, la souplesse du lupin et de la féverole d'hiver aux grands écartements de semis permettent l'utilisation de tous les outils de désherbage mécanique, y compris la bineuse. La complémentarité des techniques chimiques et mécaniques est la clé de la réussite du désherbage de ces cultures.
“Après la récolte de tournesol ou de mélange, on pratique un déchaumage directement derrière la récolte”, témoigne Jean-Michel Bonnin, agriculteur bio à Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire). “Ensuite, selon le salissement de la culture, on va pratiquer un
labour ou un second déchaumage. Intégrer du mécanique permet
de supprimer le désherbage de rattrapage.”
Il est possible, en féverole, de décaler la date de semis (de mi-novembre à fin novembre environ par exemple). C'est plus difficile en revanche en lupin. Ensuite, passer précocement la herse étrille (sans être trop agressif) ou la houe rotative. Mais les fenêtres sont étroites, compte tenu de la météo habituellement peu clémente de décembre – janvier. “Le problème de la féverole, c'est que ce n'est pas toujours facile à désherber, en post-levée, constate Guillaume Laine, agriculteur à Villiers-Charlemagne (Mayenne). Il ne faut donc pas se louper au départ, et la seule façon de se rattraper c'est de faire du désherbage mécanique quand
on peut le faire”.
Le lupin ou la féverole supportent des écartements larges (jusqu'à 50 ou 60 cm) sans baisser la densité de semis. Quel que soit le travail du sol, le lit de semence doit être suffisamment affiné pour assurer l'efficacité de l'herbicide de pré levée.
“On bine dès que possible, au mois de février, tous les 30 centimètres”, raconte Jean-Michel Bonnin. “Puis dans la foulée, c'est-à-dire dans les huit jours qui suivent, on enchaîne par un passage de herse étrille. La combinaison des deux méthodes permet un meilleur résultat sur le désherbage. Puis un mois plus tard, on pratique un second
binage, voire un second passage de herse étrille.”
En fin de cycle, au printemps, il convient de passer la bineuse une ou deux fois. Cela fonctionne très bien sur féverole. “Cela permet aussi de relancer la minéralisation du sol, en l'aérant, ce qui est favorable au redémarrage de la plante”, fait remarquer Sébastien Rousseau, technicien à la chambre d'Agriculture de Vendée. “Il faut arrêter de passer dans le lupin quand il commence à être en bouton, parce qu'on risque d'abîmer le porte-graine”, conseille Pierre Messager, agriculteur au Genest-Saint-Isle (Mayenne). Le stade limite pour passer la bineuse est l'apparition des fleurs, en féverole comme
en lupin.


Féverole et lupin



Pois



En pois, les techniques sont beaucoup plus limitées. En pois d'hiver, on peut jouer sur la date de semis (décaler de dix ou quinze jours), et travailler avec la herse ou la houe. On est limité au stade 6 – 8 feuilles, où il n'est plus possible de passer d'outils. Par ailleurs, contrairement au lupin et à la féverole, écarter les lignes de semis risque ici d'entraîner une perte de rendement.


Pour le pois de printemps, on retrouve les mêmes difficultés que pour le pois d'hiver. La technique des faux semis peut être compliquée en janvier – février compte tenu des conditions météo. Si la culture du pois semble globalement moins adaptée au désherbage mécanique, on observe en revanche que le pois, naturellement, élimine plus facilement les adventices car il est plus recouvrant que la féverole et le lupin. Il peut aussi être associé à d'autres cultures comme l'orge ou le blé par exemple.



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