Publié le
Vendredi 25 septembre 2020

Ils ont désintensifié leur système pour préparer la transmission

René Doiezie : " On accepte qu’il y ait des hauts et des bas dans le tank, aujourd’hui on vit bien notre métier, on se se
René Doiezie : " On accepte qu’il y ait des hauts et des bas dans le tank, aujourd’hui on vit bien notre métier, on se sent en adéquation avec la nature ".

Au Fief-Sauvin (Beaupréau-en-Mauges, Maine-et-Loire), René et Michel Doiezie ont désintensifié leur système et converti leur ferme en bio pour qu’elle soit plus facile à transmettre, d’ici quelques années. Ils témoigneront de leur démarche lors de la journée "Mille fermes bio en Maine-et-Loire" ce vendredi 2 octobre à Yzernay.

"Aujourd’hui on a une proximité avec nos vaches qu’on n’avait pas avant, on leur parle", s’enthousiasme René Doiezie. Ici tout semble avoir changé, en quelques années. Il y a encore dix ans, il n’était pas question de conversion bio. Les deux frères Doiezie élevaient leurs 55 Holstein en système intensif maïs-soja, 500 000 litres, les vaches restaient en bâtiment. Et puis un jour, en 2016, elles sont sorties.

René et Michel Doiezie ont désintensifié pour que leur ferme soit plus facilement transmissible. À vrai dire, ils avaient aussi envie de travailler autrement : "L’objectif était de vivre dans un système qui puisse mieux nous correspondre". Tout cela était l’aboutissement d’un long cheminement.

Le premier pas remonte à une douzaine d’années, lorsqu’ils ils décident d’arrêter de travailler avec Terrena pour leurs cultures : marre d’appliquer systématiquement les préconisations des technico-commerciaux. "On voulait se réapproprier notre métier, redevenir décideurs". L’épouse de René se soigne à l’homéopathie, et le voilà qui peu à peu réduit les antibiotiques sur ses animaux. Il s’initie aussi dans le même temps à la biodynamie et commence par exemple à faire ses semis en suivant un calendrier biodynamique très pointu. "Par le biais du fumier, de la silice sur les cultures, on a amené de la biodynamie dans nos sols, ils ont repris vie, ils sont redevenus une éponge, capables d’absorber de fortes pluies".

" Notre dernier challenge "

Le système est alors encore très intensif et l’élément déclencheur pour la conversion bio se produit en 2015, lors d’une réunion avec leur conseiller de gestion. Ce dernier leur demande quel avenir ils envisagent pour leur ferme. Il leur reste alors dix ans d’activité environ, et la réponse est immédiate : " On avait tous les deux un seul objectif, raconte René, c’était de transmettre, d’éviter à tout prix que cela parte à l’agrandissement. Et on s’est dit que la seule solution c’était le passage en bio ".

La conversion commence quelques mois plus tard, en mai 2016 : " Il a fallu tout changer ! " se souvient l’éleveur. " On s’est dit que c’était le dernier challenge de notre carrière professionnelle ". Implantations de prairies multi-espèces, de luzerne, mise au vert des vaches, découverte de nouvelles techniques. " On a appris à se servir de herse étrille, de houe rotative et de herse étrille rotative ". La marche était haute à franchir, mais ils se sont fait accompagner. " La richesse du Civam et du GabbAnjou, c’est qu’on est vraiment dans l’éducation populaire, tout le monde apporte son expérience et raconte ses échecs, cela permet d’avancer ".

Ce grand saut n’aura finalement pas été si difficile : " C’était une conversion non-simultanée, et notre structure était déjà pas mal amortie, on avait peu d’emprunts, c’est l’avantage du vieillissement ! " Aujourd’hui, les frères Doiezie produisent 430 000 litres de lait avec 75 vaches, sur leurs 80 hectares. " On accepte qu’il y ait des hauts et des bas dans le tank, on vit bien notre métier, on se sent en adéquation avec la nature ", insiste René Doiezie.

Ils ne se sont pas encore inscrits au répertoire départ installation, mais s’apprêtent à suivre une formation “transmission”. La ferme en tout cas est prête, " les systèmes simples sont plus faciles à transmettre ". Objectif à horizon cinq ans.

Antoine Humeau
À noter

A noter : Événement Mille fermes bio en Maine-et-Loire, vendredi 2 octobre à la ferme de la Mousserie à Yzernay.

Le journal
23 octobre 2020 - N° 43
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