Publié le
Vendredi 8 novembre 2013

Il pratique les semis de prairie sous couverts de mélanges céréaliers

Eleveur de Blondes d'Aquitaine à La Cornuaille, Stéphane Bodier adapte son système fourrager au potentiel de son sol. Depuis l'an dernier, il sème du ray-grass et du trèfle sur des mélanges céréaliers. Et le résultat est concluant.

Voilà une bonne dizaine d'années que Stéphane Bodier ne produit plus de céréales. “On n'est pas sur des potentiels de sols extraordinaires. L'hiver ça détrempe vite et l'été ça sèche rapidement.” Les rendements étaient faibles et les prix bas. Son troupeau de Blondes d'Aquitaine grossissant, il lui fallait davantage de surface en herbe, car son exploitation était en PHAE avec un chargement plafonné à 1,4 UGB par hectare. 

Trois ans plus tard, il décide d'arrêter le maïs, dont les rendements étaient également trop aléatoires. Il le remplace par un mélange céréalier de triticale, avoine, pois et vesce. La démarche de l'éleveur repose sur une logique simple : adapter son système fourrager au potentiel de son sol. Le mélange céréalier présente l'avantage d'être moins gourmand en intrants. L'itinéraire cultural est assez simple et visiblement plus économique : la semence de triticale coûte moins cher puisque c'est de la semence fermière, et il n'applique aucun traitement. Un éventuel apport d'azote en sortie d'hiver, selon les années, permet de sécuriser la récolte. Autre avantage : une valeur alimentaire plus équilibrée par rapport au maïs (moins d'énergie, plus d'azote).

Des semis de prairie sous couverts


Il y a un an, Stéphane Bodier a semé de la prairie sur une parcelle de 4 hectares de mélanges céréaliers. L'objectif était d'avoir une prairie déjà implantée, démarrée dès l'ensilage de mélange céréalier. Il s'agissait de semer la prairie début octobre, c'est-à-dire le jour même ou le lendemain, à la volée, suivi d'un simple passage de rouleau.

Une fois le mélange céréalier récolté au printemps, la prairie était bien présente. Il a fauché l'herbe en juillet : 2,5 tonnes de matière sèche. Le résultats était globalement très satisfaisant, et les avantage nombreux : “On gagne du temps, les coûts d'implantation sont moindres, et il y a moins de salissement de la prairie”, observe Stéphane Bodier.

Mais il lui restait quelques réglages à opérer car le ray-grass hybride et le trèfle violet se sont révélés assez “agressifs”, et trop envahissants par rapport au triticale. Ainsi, le mélange céréalier était constitué de 40 à 50 % de ray-grass hybride, de 20 % de triticale et de 30 % de pois et vesce. Pour les Blondes d'Aquitaine, le mélange était très appétant, mais cette année, il a décidé de doser son mélange dif­fé­remment. L'implantation a été réalisée il y a un mois environ, non plus sur 4 mais sur 10 hectares, et sur des parcelles plus proches de l'exploitation, destinées au pâturage. Cette fois-ci il y a moins de ray-grass hybride. De la fétuque, du ray-grass anglais et du trèfle blanc ont été ajoutés.

“Produire avec le mininum d’instrants”


Cette approche n'est que le prolongement d'une démarche entamée depuis longtemps, et qui consiste à utiliser au mieux le potentiel de ses sols, avec des charges limitées au maximum. Il optimise les fumures, épand quinze tonnes de fumier à l'hectare à l'automne sur prairies. Quant à la fumure minérale, un ou deux passages d'ammonitrate au printemps suffisent. Depuis l'arrêt du maïs il y a six ans, Stéphane Bodier ne traite quasiment plus. L'objectif est de “produire le maximum avec un minimum d'intrants possible”. Mais pas question de passer en bio, même s'il en est proche. “La petite pointe d'azote que j'apporte est sécurisante.”


Antoine Humeau


Antoine Humeau

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