Publié le
Vendredi 31 mai 2013

"Il faut un moratoire sur les farines animales. L'opinion n'est pas prête."

François Zocchetto, président du groupe UDI-UC
au Sénat. Le 15 mai, il a présenté et fait adopter par le Sénat une résolution européenne sur la traçabilité. Elle demande un renforcement de l’étiquetage, et un moratoire sur les protéines animales.

Le 15 mai, les Sénateurs ont voté la résolution européenne proposée par François Zocchetto. “Je n’ai pas le pouvoir de faire la législation de l’UE, mais ce texte permet au gouvernement d’avoir une position. Le ministre Le Foll a dit que cela lui sera utile.” Le chemin sera long, d’autant que l’Assemblée nationale n’a pas appuyé le dossier, mais le vote du Sénat constitue déjà un message fort.

Le texte porte sur deux volets. Il demande “que l’indication de la provenance de tous les aliments, en particulier s’agissant de la viande, entrant dans la composition des plats préparés soit rendue obligatoire par le biais d’un étiquetage”. François Zocchetto argumente : “Tout le monde ne peut pas acheter une côte de bœuf chez le boucher, soit par manque de moyens, soit par manque de temps. Moi le premier, il m’arrive de manger une pizza surgelée. On ne sait pas trop ce qu’il y a dedans. Il faut un étiquetage parlant. S’il y a du cheval, il faut le dire. S’il vient de Roumanie, il faut le dire. Il faut rassurer le consommateur. Après la crise de l’ESB, c’est la traçabilité sur la viande de bœuf qui a relancé l’élevage.”

L’ESB reste l’argument de référence. “L’ESB est venue parce qu’on a laissé faire n’importe quoi. J’ai l’impression qu’on a oublié la crise de la vache folle et que les apprentis-sorciers sont de retour. La viande de cheval, ce n’est pas grave pour la sécurité alimentaire, mais cela montre que c’est possible.” C’est pourquoi le texte dénonce la réintroduction des farines animales dans l’alimentation des poissons d’élevage, prévue pour juin. “Je ne suis pas technicien, mais je fais valoir l’intérêt pour les filières : il faut que le consommateur ait confiance. On a besoin d’un moratoire parce que l’opinion française n’est pas prête.”

Il se dit très déçu par la table ronde du 21 mai qui a accouché d’une charte, sur la base du volontariat. Autant dire rien.

www.senat.fr/dossier-legislatif/ppr12-413.html

RH

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