Publié le
Samedi 6 juin 2020

Hausse du budget de la Pac : pas d'unanimité syndicale

Le 27 mai, Bruxelles a notamment proposé d’ajouter, via le plan de relance, 15 Md€ au second pilier de la Pac. Après cette “nouvelle étape”, la France “continuera à porter son exigence de Pac forte”, a réagi le ministère de l'Agriculture, rappelant ses ambitions dans deux domaines : “ambitions économiques pour le revenu des agriculteurs” et “ambitions environnementales pour accélérer la transition agroécologique”.

“Ce rattrapage arrive au bon moment” s'est félicitée Christiane Lambert dans un entretien à Agra Presse, satisfaite que “l'agriculture ait été reconnue comme prioritaire, parce qu'elle est dans le plan relance verte”. “Ces fonds seront beaucoup ciblés sur l'investissement et l'innovation : c'est le signe que la souveraineté alimentaire nécessite une agriculture plus innovante, moderne, de précision, et utilisant le numérique”, relève la présidente de la FNSEA.

Les chambres d'Agriculture vont présenter des actions de relance

Toutefois, “le compte n’y est toujours pas” pour espérer atteindre les objectifs affichés par Bruxelles dans son Green deal, estiment la FNSEA et les JA dans un communiqué le 28 mai. Face au “manque de fonds disponibles au sein de la Pac”, les syndicats demandent que les agriculteurs aient accès au Fonds de transition juste pour la lutte contre le changement climatique.

De leur côté, les chambres d’Agriculture “saluent cet effort financier” consenti par la Commission, “le plan de relance allant dans le sens des actions que nous proposons pour le redressement de l'agriculture française” a déclaré le président de l’APCA, Sébastien Windsor, cité dans le communiqué. Le 3 juin, les Chambres devaient présenter à la presse “des actions de relance, s’appuyant notamment sur la reconquête de notre souveraineté alimentaire et la nécessaire relocalisation de la production”.

Controverse sur l'investissement dans l'agriculture de précision

Si la Confédération paysanne a accueilli “avec satisfaction la proposition d’augmentation du budget du second pilier de la Pac”, “le compte n’y est toujours pas” pour le syndicat. “Lors des futures négociations budgétaires, les Etats membres doivent se mobiliser pour donner aux paysans et paysannes les moyens de la nécessaire transition sociale et écologique”.

Le syndicat regrette par ailleurs que, dans son discours, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, “n’a cité qu’une seule fois l’agriculture, et seulement pour évoquer l’agriculture de précision”. La Conf’ s’inquiète de cet oubli, alors que la crise du Covid-19 a justement rappelé le rôle essentiel de l’agriculture. Le syndicat dénonce “l’entêtement idéologique de la Commission européenne à présenter l’agriculture 4.0 comme unique solution aux différentes crises que nous traversons.”

De son côté, le Modef “souhaite un renforcement du budget Pac équivalant au budget Pac 2014-2020, soit environ 408 milliards d’euros”. C’est davantage que la position commune trouvée en février par les principaux syndicats agricoles. A l’occasion de la visite du Premier ministre Edouard Philippe au Salon de l’agriculture, ils s’étaient mis d’accord sur la position suivante : un objectif de 380 Md€ pour la prochaine programmation et un refus en dessous de 375 Md€. “L’Europe et le gouvernement français devront prendre des dispositions à la hauteur de la gravité de la crise agricole accentuée par le coronavirus”, conclut le Modef.

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18 décembre 2020 - N° 51 - Notre dernier numéro
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