Publié le
Vendredi 6 décembre 2013

Haro sur la BVD... Et ensemble, si possible

On évalue à huit animaux par minute le nombre de bovins qui traversent les frontières en Europe. Pour lutter contre une maladie déjà difficile à identifier, les professionnels européens échangent. Mais pas simple de trouver une formule commune.

Comment homogénéiser les moyens de lutte contre la BVD ? La question était posée aux professionnels français et européens, lors d’un séminaire à Nantes les 15 et 16 novembre. La problématique est vaste, car tous les pays n’ont pas la même vision des choses, la même approche, les mêmes moyens. Même en France, il existe différentes méthodes. Or, tous les ans, ce sont 3,9  millions de bovins qui passent les frontières. Face à un tel flux commercial, des dispositions communes semblent s’imposer.

Un ordre de marche européen


Une gestion collective faciliterait la lutte contre cette “maladie sournoise” en Europe. C’est l’objectif de ces BVD Days. La première journée s’est tenue en décembre 2012, à Münich, en Allemagne. Cette fois à Nantes, plus de 200 spécialistes d’une dizaine de pays ont présenté leurs dernières avancées. Malgré les volontés, pour la phase d’harmonisation, ce n’est pas encore gagné.

Pour le représentant des négociants européens (UECVB), l’Allemand Heinz Osterloh, un seul message est envisageable : “Etre capable de classer les animaux dans deux catégories, les noirs ou les blancs”, au regard de la BVD. Autrement dit, pouvoir assurer qu’un animal est “sain” et peut circuler.

L’IPI, l’animal à abattre

On estime qu’un IPI passe une frontière toutes les deux heures. Or, ce sont les animaux les plus à risques. Nés avec la maladie, ils sont voués à la porter à vie et à la propager. Ils génèrent donc des pertes directes et indirectes (conséquences sur les autres animaux). Les IPI sont la bête noire à éliminer. Sur ce point au moins, tout le monde s’accorde.

Ailleurs, la BVD 
“n’existe plus”


L’abattage des IPI et la vaccination sont plutôt en vogue, chez nos voisins. En France, la Bourgogne y serait plutôt favorable. Cette logique a le mérite de régler une solution rapidement, mais néglige l’aspect immunitaire : si la maladie réapparaît, les cheptels ne fabriquent plus leurs anticorps, et les conséquences peuvent être plus graves encore.

L’option qui devrait être retenue, dans un premier temps en France du moins, est celle de la boucle auriculaire sur les veaux : une biopsie est ainsi réalisée sur l’animal afin de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un IPI, et pouvoir certifier l’animal “sain”. Les GDS vont installer un groupe de travail sur la BVD.

Le Luxembourg, la Suisse et la Suède se targuent quant à eux d’avoir déjà éradiqué la maladie. Les Français en restent cois.

La BVD peut coûter cher


Venu de Bavière, l’une des régions allemandes les plus actives dans la lutte contre la BVD, Gerhard Wittkovski a surpris tout son monde en montrant que les pertes de bénéfices peuvent atteindre, en moyenne, 46 000 euros par cheptel infecté. Les services de la santé animale bavarois estiment ainsi qu’en 14 ans, leur dispositif a permis d’éviter quelque 30 millions de pertes aux éleveurs du Land. Ils visent ni plus ni moins que l’éradication des IPI, avec l’examen du veau au plus tard à 180 jours ou avant de quitter le troupeau. Une aide à l’abattage est versée pour chaque animal IPI ; par exemple, 105 euros pour un mâle Holstein.

Certains craignent néanmoins qu’à trop s’employer, on n’inquiète les principaux clients, Espagnols et Italiens. La raison doit primer pour se débarrasser de la maladie : le Belge Didier Delmotte met en garde pour que “chacun ne tire pas dans son coin” sur ce dossier. “Oui, il y a l’économique. Mais la sécurité doit rester l’objectif numéro un”, affirme le président de la Fesass, la fédération européenne pour la santé animale et la sécurité sanitaire.

Frédéric Gérard


Frédéric Gérard

Voir plus

Le journal
18 décembre 2020 - N° 51 - Notre dernier numéro
Actualités
Flash Infos
Agenda
Annonces
Recherche