Publié le
Vendredi 17 avril 2015

Guillaume Garot : “Lutter contre le gaspillage, c’est respecter le travail de celui qui produit”

Guillaume Garot est  député de la Mayenne.
Guillaume Garot est député de la Mayenne.

Guillaume Garot est député de la Mayenne. Il a remis, mardi 14  avril, son rapport sur la lutte contre le gaspillage alimentaire, aux ministres de l’Ecologie, Ségolène Royal, et de l’Agriculture, Stéphane 
Le Foll. Ses propositions devraient être intégrées au projet de loi sur la Transition énergétique.

Chaque année, chaque Français jette 20 à 30 kg d’aliments, soit environ 160 €. “Faites le calcul pour une famille… Lutter contre le gaspillage, c’est un gain pour le pouvoir d’achat.”Lorsqu’il était ministre délégué à l’Agroalimentaire, Guillaume Garot avait initié le Pacte national “anti-gaspi”. Redevenu député, il a été missionné par le Premier ministre pour approfondir la question. Parmi les mesures phares de son rapport, il envisage d’interdire aux grandes surfaces de jeter leurs invendus. Comment ? Il propose de reprendre et de généraliser des pratiques qui existent déjà. Par exemple, mettre en place “des rayons anti-gaspillage” où sont vendus à prix réduit des produits proches de la date limite de consommation. Et surtout, “on rend obligatoire le don aux associations de solidarité dès lors qu’une association en fait la demande. L’association reste souveraine. L’obligation systématique aurait transformé les associations en centre de tri des grandes surfaces. Il existe déjà des conventions entre associations et distributeurs, cela fonctionne. Mais c’est trop aléatoire”. Là, on généraliserait ces pratiques. En contrepartie, “la grande surface aura le droit de défiscaliser, en respectant des conditions sur la qualité, pour que le produit soit consommable”. Pour la logistique, “ce sont les conventions qui détermineront qui fait quoi”. Guillaume Garot imagine qu’une entreprise de transport qui veut participer à cette chaîne pourra aussi bénéficier de défiscalisation.="text-align:>

Produits transformés défiscalisés


La défiscalisation est un outil également proposé aux producteurs. “Cela existe pour les dons de lait, d’œufs, de fruits et légumes, mais je propose de l’élargir, notamment aux produits transformés. On doit permettre de répartir la défiscalisation entre le producteur et le transformateur”.

Le rapport liste petites ou grandes mesures. Mais le député tient à les intégrer dans une politique globale, et parle même de “nouveau modèle. C’est un choix de société, pour produire et consommer autrement. On doit promouvoir un modèle de développement basé sur l’économie circulaire, valoriser ce qui est produit, le recycler”. Pour cela, l’Etat doit intervenir. “La mobilisation des associations, des entreprises, des collectivités, des citoyens est réelle. Maintenant, une loi est nécessaire. Je n’ai pas réalisé ce rapport pour qu’il soit oublié. Le gouvernement affiche une volonté claire d’avancer.” En fait, un volet gaspillage alimentaire va être ajouté au projet de loi sur la Transition énergétique qui arrive en deuxième lecture à l’Assemblée.

“Chacun est responsable de l’alimentation, du producteur au consommateur. Le gaspillage, c’est la négation de la valeur de l’alimentation. Lutter contre le gaspillage, c’est lui redonner de la valeur. Ce n’est pas que comptable, c’est aussi une valeur culturelle, c’est respecter le travail de celui qui produit.”

Rémi Hagel



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Rémi Hagel

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