Publié le
Vendredi 31 juillet 2015

Guerre des prix : le médiateur donne des bons points

Si chaque maillon a joué son rôle dans le jeu de la hausse des cotations, tout n’est pas blanc aussi bien du côté de la distribution que des abatteurs.

Pas de coupable, ou tous coupables donc, dans cette trop lente remontée des cotations. Dans un contexte de guerre des prix entre enseignes de la distribution, “le caractère peu différencié des produits vient accentuer ce contexte, particulièrement pour la viande bovine, à un degré relativement moindre pour la viande de porc, qui bénéficie plus de la transformation en charcuterie et plat cuisiné”,a annoncé le médiateur des relations commerciales, Francis Amand, dans son rapport d’étape.="text-align:>

Un maillon abattage-découpe fragile


En viande bovine, “l’ensemble des acteurs de la filière n’ont pas partagé d’emblée une orientation commune et claire sur le type d’animaux concernés : jeunes bovins, vaches allaitantes, globalement ou par races, voire vaches laitières réformées”, poursuit Francis Amand. Une grande diversité des niveaux de prix et de leur champ d’application a ainsi eu tendance à se diffuser à l’ensemble des acteurs, au moins jusqu'au 8 juillet, date à laquelle une réunion a permis de clarifier la situation.

Du fait du déséquilibre carcasse, “l’ensemble du dispositif de hausse volontaire du prix d’achat au producteur repose sur un unique acteur de la filière”, le maillon abattage découpe, “déjà fragilisé par sa faible rentabilité”. De plus, il est très sensible aux achats de la distribution. “Une part prépondérante des ventes des abatteurs découpeurs (70 %) est donc soumise aux fluctuations des cotations quotidiennes, avec pour corollaire une grande incertitude pour les industriels, qui doivent supporter sur leurs marges les variations de leur prix de vente.”

Le rapport constate aussi que “tous les abatteurs ont augmenté leurs prix mais dans des proportions variables selon les régions d’abattage et les catégories d’animaux abattus”. Des divergences de cotation peuvent même exister entre abattoirs au sein d’un même groupe.

Du côté des distributeurs, ils n’ont “pas forcément joué un rôle dynamique” dans la hausse des cotations, même s’ils ne s’y sont pas opposés. Du fait du processus des appels d’offres, “un certain nombre d’entreprises candidates ayant proposé des prix relevés pour tenir compte de la revalorisation du prix d’achat aux éleveurs, ont été écartées des marchés passés par la distribution.” La déception actuelle concernant l’évolution des cotations tient à ce que “seule la grande distribution garantit une hausse des prix alors qu’elle ne représente que la moitié de la valorisation des bovins abattus”.

Difficile de tracer l’origine dans les produits charcutiers


Pour le porc, la problématique concerne les produits transformés. La distribution s’approvisionne principalement en viande fraîche avec du porc français (30 % des volumes de porcs abattus). Mais 70 % des porcs abattus partent dans des produits charcutiers et des plats cuisinés dont la teneur en viande peut être très variable. Difficile alors de revaloriser les prix d’achat des carcasses à partir de tous ces plats transformés. “La répercussion de la hausse du prix d’achat des porcs dans le prix des produits transformés dépend des distributeurs, qui bénéficient d’une configuration de marché leur permettant de toujours trouver un fournisseur moins disant.”

Autre constat, le marché du porc français est indexé sur celui de l’Allemagne et les prix du MPB ne peuvent trop s’écarter durablement du niveau allemand. “Un différentiel de prix trop élevé ne pourra que conduire les consommateurs à privilégier les produits les moins chers, la viande fraîche de porc étant déjà l’objet de nombreuses promotions”, affirme le rapport.

Christian Evon (avec Agrapresse)




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