Publié le
Vendredi 8 novembre 2013

Gilles Demarque : “La communauté scientifique admet l'effet bénéfique des nitrates sur la santé”

Gilles Demarque est médecin nutritioniste, intervenait le 22 octobre lors d'un colloque “Bien nourrir les plantes pour bien nourrir les hommes” organisé par l'Unifa et 
Farre.

"Non seulement l'organisme humain a besoin de nitrate dans son alimentation mais s'il n'en trouve pas assez, il en fabrique. Les nitrates contenus dans les légumes participent de l'intérêt de manger les fameux cinq fruits et légumes par jour – et par repas, c'est encore mieux.” Chez un individu en bonne santé, les nitrates contenus dans le sang proviennent pour moitié de l'alimentation et pour moitié d'une fabrication par les cellules qui tapissent la paroi interne des vaisseaux sanguins. Ces cellules sécrètent de l’oxyde nitrique (NO) qui est un puissant vasodilatateur. Dans le sang, le NO est très rapidement neutralisé en nitrate. Ainsi le flux sanguin peut-il être régulé finement. La dilatation des vaisseaux sanguins a de multiples effets : le transport accru d’oxygène et de nutriments vers les muscles, la régulation de la température corporelle, une meilleure résistance à la fatigue, et beaucoup d'autres. Excrété dans la bouche avec la salive, le nitrate est réduit en nitrite sous l’action des bactéries buccales et devient un bactério-statique, c'est-à-dire un régulateur du développement bactérien. Tous les surplus sont éliminés dans les urines sans provoquer le moindre trouble.

Une question d'acceptabilité sociale


“Une alimentation équilibrée apporte 200 à 300  mg de nitrates par jour.” En 1998, le prix Nobel de médecine a été attribué aux professeurs Ignarro, Murad et Furchgott pour leurs travaux sur ce rôle bénéfique des nitrates dans l'organisme. “Plus de 100 000 publications sur les bienfaits des nitrates/nitrites/oxyde nitrique en physiopathologie humaine ont été publiées au cours des trois dernières années. Aucune étude épidémiologique n’a jamais démontré un lien quelconque entre les nitrates alimentaires et un risque de cancer. Au contraire, les régimes riches en fruits et légumes diminuent ce risque. Pour les scientifiques, le sujet ne fait plus débat. Pour l'opinion publique, il faut renverser une image négative due à de mauvaises interprétations de résultats, établies il y a 60 ans.”


Christophe Zapata


Christophe Zapata

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