Publié le
Vendredi 17 octobre 2014

Garder le cap avec l'autoguidage !

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Cela fait deux ans qu'Antoine Eon utilise le système RTK sur les 175 ha de l'exploitation familiale et pour l'entreprise de travaux agricoles, à Bauné (Maine-et-Loire). Précision et qualité du travail, gain de temps, économie de carburant et d'intrants, et surtout confort de travail, autant d'avantages qu'apporte l'autoguidage, et dont il ne pourrait plus se passer aujourd'hui.

Qu'est-ce qui vous a motivé à sauter le pas du RTK ? 

J'aime bien l'électronique embarqué et les nouvelles technologies. Et pour l'entreprise, c'est un plus. Pour le même prix à l'hectare, les clients préfèrent un passage avec le système d'autoguidage car on fait du très bon travail avec une précision à 2 centimètres. 
Quel système d'asservissement avez-vous ? 
Nous sommes en contrat avec la société Euratlan en Vendée qui distribue la marque Trimble. On a les deux types d'installation sur l'exploitation. En système hydraulique, nous avons équipé quatre tracteurs de 100 à 240 cv, trois Fendt et un Valtra, et un pulvérisateur automoteur Tecnoma en 32 mètres. La moissonneuse New Holland était elle, pré-équipée d'usine. En dix minutes, on déplace d'une machine à l'autre, l'écran, l'antenne et le "nav controller" qui calcule les mouvements de dévers et la trajectoire. L'autre système est électrique. Nous l'avons installé sur trois machines : une moissonneuse New Holland, un tracteur Case de 95 cv et un tracteur Fendt de 270 cv. Chaque engin a son propre réseau de câbles. Le volant avec son moteur électrique remplace le volant d'origine. Il faut plutôt trente minutes pour déplacer le volant, le boitier de dévers T3, l'écran et l'antenne. 
Lequel préférez-vous ?
 Le système hydraulique, c'est le mieux en matière de précision parce qu'il est relié à l'orbitrol de direction. L'inconvénient, c'est qu'il est fixe. Quant au système électrique, il est performant dans les lignes droites, mais manque de précision à la reprise des lignes car il ne prend pas en compte les marches arrière. 
Combien coûtent ces installations ? 
Le pré-équipement hydraulique nous a coûté 7 000 euros monté et les éléments nomades (écran, nav controller et antenne) 15 000 eursos. En électrique, c'est un peu moins cher, 4 000 euros pour le volant et le boitier T3 auquel on ajoute 12 000 euros pour l'écran et l'antenne. Au total, il faut compter entre 16 000 et 22 000 euros pour un équipement complet. Concernant le signal RTK, il y a un droit d'accès de 1 000 euros à payer au départ puis un abonnement annuel de 600 euros. En revanche, quand on achète un nouveau matériel, un semoir par exemple, on économise le coût des traceurs.
Est-ce simple d'utilisation ?
 Au départ, j'ai passé beaucoup de temps à faire le tour de chaque parcelle en tracteur pour enregistrer dans le boitier les lignes de référence de chaque champ, ligne ou courbe. Tous les outils de l'exploitation avec les différentes largeurs de travail sont enregistrés dans la console. Au début d'un chantier, je sélectionne la parcelle et l'outil utilisé. Au cours du travail, le signal que reçoit le tracteur est corrigé par une station fixe dont les coordonnées exactes sont connues. Ça fonctionne jusqu'à 15 km, au delà, on n'a plus de signal. Mais dans ce cas-là, Euratlan peut fournir une antenne portable. Si on perd le signal dans une parcelle en bordure de bois ou dans un bas fond, on a vingt minutes d'autonomie pour continuer à travailler. Cette spécificité de Trimble est bien pratique. 
Quels avantages trouvez-vous à l'autoguidage ? 
Le premier point, c'est la qualité du travail, nickel, bien droit. Ensuite, on peut travailler dans n'importe quelles conditions, de nuit ou par temps de brouillard. On gagne donc du temps. Quand la météo annonce de la pluie, et qu'il faut travailler 24h/24, on peut le faire. Et les satellites fonctionnent quel que soit le temps, même s'il y a des nuages. L'autre avantage, c'est la répétabilité, on passe toujours au même endroit, même d'une année sur l'autre, donc on ne tasse que sur les passages. En semis de céréales, en écartement de 12,5 cm, on évite les recroisements ou les trous, c'est super précis. On ne voit même plus les passages de semoir ! En production de semences hybrides, quand on sème les mâles en premier, on n'est pas obligé de tracer, ni de semer les femelles à vide. Pour le binage, je passe au ras des plantes. En pulvérisation, il n'y a pas de recroisement des passages car les tronçons de buses se coupent automatiquement là où on est déjà passé. 
Vous l'utilisez pour tous les travaux ? 
Tout sauf le labour. En préparation de sol, je gagne beaucoup de temps aussi car je travaille un rang sur deux sur tout le champ puis, les rangs restants au retour. Plus besoin de faire de marche arrière dans les tournières et je tasse moins les bouts de champ ! En récolte, la barre de coupe travaille à plein, à 9,15 mètres au lieu de 8,5 m sans autoguidage. Au dernier passage, ça permet d'être en coupe pleine et au total, on fait moins de passages. 
Est-ce que le système est adapté pour toutes les exploitations ? 
Je le conseille surtout pour des exploitations en semences ou en maraîchage, et les céréaliers qui ont beaucoup de surfaces. Quant à moi, s'il fallait reprendre le volant, ce serait pénible aujourd'hui. 
Le journal
18 septembre 2020 - N° 38
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