Publié le
Vendredi 2 octobre 2015

Gagner six mois sur l'implantation d'une prairie

Implanter des prairies sous couvert d'une association céréale - protéagineux d'hiver fait l'objet d'essais menés par la ferme expérimentale de Thorigné d'Anjou depuis 2011. Objectif ? Étudier divers paramètres de la technique tels que la composition du couvert, et son mode de récolte, le type de mélange prairial et sa date de semis, en vue d'obtenir une prairie bien implantée, productive, tout en ayant un rendement du mélange céréalier satisfaisant. Les résultats des premières expérimentations sont encourageants. « La prairie se développe beaucoup après la récolte de l'association triticale pois. Les vaches pâturent un mois après la moisson puis elles y retournent en septembre octobre. La prairie produit 2,5 t MS en 14 mois. On gagne 6 mois par rapport à un semis classique à l'automne », s'enthousiasme Germain Jehan.


Des tests de semis au printemps et à l'automne



30 kg / ha d'un mélange prairial à flore variée ont été semés pour obtenir un peuplement de 2200 grains / m2 : 21% de graines de RGA, 21% de fétuque élevée, 25% de trèfle blanc, 21% de trèfle hybride et 12% de lotier corniculé. Les poids de semences sont calculés en tenant compte du PMG. Dans la modalité 'semis d'automne', la prairie a été semée en deuxième passage, après le mélange céréalier mais Germain Jehan note « un risque de tassement sur les passages de roues ». Idéalement, il faudrait un semoir à double caisson. Dans la modalité 'semis de printemps', la herse étrille a été passée dans la céréale déjà implantée, pour préparer le sol. La prairie a été semée puis roulée. « C'est difficile de faire de la terre fine dans la céréale et les passages abîment la culture, pénalisant son rendement. » Quelle que soit la date de semis, la réussite de l'implantation de la prairie, passe par une profondeur de semis de 1 cm, une bonne répartition des graines (lignes à faible écartement ou bottes levées) et un passage de rouleau denté pour rappuyer le sol


afin de faciliter la germination.



Plus de matière sèche produite



La parcelle semée à l'automne dans un couvert de triticale - pois est plutôt concluante. « L'implantation de la prairie est de bonne qualité avec peu d'adventices du fait d'un bon contrôle du salissement. » Par rapport à une implantation classique (semis de la prairie après la moisson), cette technique apporte une production de fourrage dès l'automne de l'année suivante : 1,7 t MS si le mélange céréalier est récolté en grain, 0,4 t MS en cas d'ensilage (voir tableau). La deuxième année, « la prairie est bien implantée et son rendement est nettement plus élevé que dans le témoin » : 7,8 et 8,4 t MS contre 3,5. Quant au rendement du mélange céréalier, récolté en fourrage, « il est très satisfaisant du fait de la présence de la prairie » : 13,6 t MS contre 10 à 11 t MS en moyenne sur la ferme de Thorigné. Récolté en grain, il est inférieur au témoin, 34,5 q contre 38,6 q, mais avec une part plus importante de protéagineux (30,8% contre 23,2%).


Semée au printemps dans le mélange triticale - pois en place, « la prairie est moins bien implantée et donne un rendement plus faible la première année : 0,6 et 0,2 t MS ». Le rendement de l'association céréalière est aussi pénalisée, que ce soit en grain (26,4 q) ou en fourrage (10,7 t MS).



Le RGH - trèfle violet est trop agressif



Par ailleurs, les autres modalités de l'essai mettent en évidence qu'une prairie composée de RGH - trèfle violet est « trop agressive pour une récolte en grain du mélange céréalier mais donne beaucoup de volume pour une récolte en ensilage ». Et qu'un couvert blé - pois protéagineux, trop concurrencé par la prairie, voit son rendement en grain fortement pénalisé, « on n'a récolté que 10 quintaux ».


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18 décembre 2020 - N° 51 - Notre dernier numéro
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