Publié le
Vendredi 28 novembre 2014

Gérer l’alimentation des vaches taries

La mise en lot par niveau de production n’est plus préconisée en raison du stress occasionné et de la chute de la performance laitière. “Minimiser le nombre de lots, c'est réduire les déplacements et diminuer le stress”, avance Dionigi De Grandis qui suit des grands élevages en Italie. L'expert en nutrition conseille de faire deux lots de vaches taries : un lot tarissement de trois à quatre semaines et un lot préparation au vêlage de quatre semaines. Selon lui, “gérer en lot unique simplifie le travail”. A la fin de la lactation, les vaches “doivent être en bon état, ni trop grasses, ni trop maigres”.
Pour Franck Gaudin également, il faut faire le moins de lots possible, “plus on bouge les vaches, plus c'est difficile. Faire plusieurs lots, c'est des économies de bout de chandelles”. Installé aux Etats Unis, ce nutritionniste français, assure le suivi de troupeaux de 100 à 1 500 laitières. Là-bas, la préparation au vêlage se limite à deux à trois semaines “pour ne pas avoir des vaches trop grasses”. Il explique que des bâtiments de 100 logettes accueillent 120 vaches taries et que l'accès à l'auge est géré, “objectif : zéro refus et auge humide, les vaches ne doivent plus avoir d'aliments pendant deux heures, car à 4 ou 5 euros la ration, les refus coûtent cher !” Il ajoute “une vache grasse qui est trop au repos fera de l'acétone”.


Préparer la prochaine lactation



Maîtriser l’alimentation des vaches taries est le meilleur moyen de préparer la lactation. Dionigi De Grandis préconise une ration complète à 11,6 kg de matière sèche, avec un niveau correct de glycémie, des vitamines et du calcium pour “préparer le sang”. Un des objectifs du tarissement est de rallonger les papilles du rumen avant le vêlage de façon à ce que la vache puisse absorber efficacement les nutriments après la mise bas. L'expert vise à maintenir une bonne glycémie, “on donne des sucres à absorption rapide pour prévenir l'acétonémie”. Déjà à ce stade, il réfléchit sur la fertilité en contrôlant le rapport oméga  6/oméga 3. Le soja et l'huile de palme hydrogénée apportent les oméga 6 et des graines de lin extrudé fournissent les oméga 3. “Nous travaillons sur ce point depuis dix ans, et nous connaissons le rapport pour chaque aliment. Il faut un ratio de 2 alors qu'en alimentation standard, le ratio est de 10.” Mais bien sûr, ce sont des éléments d'expertise fine qu'il faut aborder une fois que les paramètres de base sont maîtrisés (paille, ambiance, température de l'eau, etc.).


Du coté américain, pour que les vaches taries ruminent, Franck Gaudin recommande une ration sèche avec “de la paille à volonté, 1 300 g de protéines métabolisables et 20 à 25 % d'amidon. Si on diminue l'amidon, on perd en qualité de colostrum par la suite”. En tout cas, conclut le spécialiste, “il faut toujours se remettre en cause”.


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23 octobre 2020 - N° 43
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