Publié le
Vendredi 11 avril 2014

Gérard Bernier : “Vouloir répondre à la restauration hors domicile, c’est impossible”

Gérard Bernier est président de Bio Loire Océan, producteur de fruits et légumes à Saint-Georges sur-Layon.
Gérard Bernier est président de Bio Loire Océan, producteur de fruits et légumes à Saint-Georges sur-Layon.

Gérard Bernier est président de Bio Loire Océan, producteur de fruits et légumes à Saint-Georges sur-Layon.

Comment faire pour que les producteurs locaux accèdent à la restauration hors domicile (RHD)? Chacun y voit un marché énorme. Pourtant, les producteurs se trouvent toujours confrontés à des obstacles : comment approvisionner en grande quantité quand on est petit ? Comment répondre aux appels d’offre ? L’association ligérienne Bio Loire Océan est structurée depuis 2001. Elle regroupe 47 fermes pour approvisionner des marchés importants (en particulier les plateformes des magasins Biocoop). Mais elle ne travaille qu’avec une quinzaine de cuisines de RHD.="text-align:>

Gérard Bernier a fait part de son expérience lors de l’assemblée de la Confédération paysanne de la Sarthe. Un avis qui fait un peu l’effet d’une douche froide. En particulier, il a répondu au gérant de la Scic Bio d’ici qui confiait ses peines à gérer l’irrégularité de la demande : “Ce matin, il me manquait 400 kg de carottes pour répondre à une commande.”

“Vouloir répondre à la RHD, c’est impossible. C’est prendre le train à l’envers. Historiquement, l’industrie agroalimentaire arrive toujours après l’agriculture. Organiser une filière ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut d’abord être actif autour de chez soi, puis rayonner un peu plus. Puis, on s’associe à d’autres producteurs. Il faut qu’individuellement, chacun apprenne à se connaître, à travailler ensemble. La RHD, on la met à la fin, au bout de tout ça. S’il n’y a pas de producteurs pour vendre sur les marchés, ou des paniers de légumes, on ne peut pas développer la RHD. Créer une structure uniquement pour répondre à la RHD me semble un projet hasardeux. Cela ne peut se faire que de façon progressive, d’année en année. Il faut créer une fidélisation avec l’établissement, avec les gestionnaires, les élus...”Cela ne peut être qu’un travail de fourmi. Même s’il avance ses pions en ce domaine, Gérard Bernier estime que pour le moment “on fait beaucoup de bruit autour de la RHD, alors que la réalité économique est que cela ne permet pas à un seul paysan d’en vivre.”

Rémi Hagel



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Rémi Hagel

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2 octobre 2020 - N° 40
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