Publié le
Vendredi 25 novembre 2016

Finir ses vaches laitières, c’est rentable ou pas ?

D’après les données Normabev, plus d’un tiers des 800 000 vaches laitières abattues en France le sont à l’état maigre. Avec des écarts entre races : 35 % des Prim’holstein, 50 % des Montbéliardes et 20 % des Normandes sont abattues dans un état d’engraissement classé 1 ou 2, surtout dans les zones herbagères. Les écarts de poids de carcasse entre une vache maigre (catégorie 1) et une vache finie (catégorie 3) sont de 70 kg pour les Holstein, 65 kg pour les Montbéliardes et 80 kg pour les Normandes. “Ce sont autant de kilos en moins pour l’éleveur et pour la filière !” De plus, une vache maigre est moins bien conformée donc moins bien classée. “Si l’ensemble des laitières étaient finies, cela représenterait 17 000 téq, soit 22 % du déficit national.”


Un manque à gagner



Pourquoi ne pas engraisser ?



Une enquête menée par l’Idele auprès de 27 éleveurs laitiers de Bretagne et de Franche-Comté sur leurs stratégies de finition a révélé les freins liés à cette pratique. Ils avancent des raisons techniques (manque de place en bâtiment, manque de fourrage, travail supplémentaire, incompatibilité avec le cahier des charges AOP, difficulté de constituer des lots), des raisons économiques (coût alimentaire, prix de la viande peu incitateur) et des contraintes personnelles telles que le manque de savoir-faire ou de goût pour la production de viande. En revanche, les éleveurs qui engraissent leurs vaches y voient un intérêt économique, “une consolidation du revenu laitier”. Pour eux, la finition s’intègre bien dans leur système. “Ils valorisent par exemple des prairies éloignées.” Et ils ont la satisfaction de “voir partir leurs animaux en état”.



La rentabilité en question



Le coût alimentaire d’une Montbéliarde finie sur 110 jours varie fortement au cours de l’année, en fonction de la part de maïs ensilage et de pâturage entrant dans la ration. Au plus fort, il est estimé à 260 euros pour une vache engraissée à l’auge de novembre à février. Au plus faible, à 64 euros pour une vache prête à partir en juillet. “Finir les laitières au pâturage et les commercialiser en été quand le prix de la viande est au plus haut, est une stratégie économiquement viable.” Si la finition se fait uniquement à l’auge, “la marge est intéressante si le prix du tourteau de colza est faible mais surtout si l’écart de prix gras/maigre est élevé.”


Même si l’intensification d’un système, à base d’herbe ou de maïs ensilage, pour finir les laitières améliore l’EBE (simulation de +3 à +5 %), il faut aussi considérer que cela entraîne une augmentation du nombre d’UGB sur l’exploitation, du chargement, et pour les finitions à l’auge, plus de concentrés distribués et plus de places en bâtiment. Par ailleurs, deux inconnues demeurent : l’aptitude de la vache à l’engraissement et le prix de la viande trois mois plus tard.


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23 octobre 2020 - N° 43
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