Publié le
Vendredi 30 mai 2014

Européennes : “On peut comprendre un rejet, mais pas de cette façon”

Trois questions à Patrick Moussay, président de la Maison de l’Europe en Mayenne, l’une des plus actives de France (1).

La Maison de l’Europe informe les citoyens sur le fonctionnement de l’UE mais “remonte” aussi leurs inquiétudes à Bruxelles et à Strasbourg : alors, vous attendiez-vous à ces résultats ?


On sentait un peu venir la montée des extrêmes. Ce qui n’est pas forcément dû à l’Europe, d’ailleurs, mais sans doute, à un rejet de la politique en général. On peut comprendre un certain rejet—les décisions prises ne sont sans doute pas celles qu’attendent les citoyens, y compris au Parlement européen — mais pas de cette façon-là.

Les Français ont aussi tendance à mélanger les députés européens et les députés français, alors qu’ils n’ont pas les mêmes fonctions. Les députés européens ont d’ailleurs promis d’être plus présents, plus actifs (dans leurs circonscriptions, durant ce mandat) pour expliquer leur travail.

Qu’est-ce que ce vote peut changer ?


Cela va modifier “l’autorité” de la France, au niveau européen, l’image héritée de la création de l’UE par nos pères va sûrement en prendre un coup. Les positions prises ne seront plus les mêmes, forcément, avec des antieuropéens.

Au niveau des Maisons de l’Europe, j’espère que nous pourrons travailler en bonne intelligence, avec les nouveaux élus. Mais avec les eurodéputés FN, ce devrait être compliqué : comment organiser un forum avec eux sans contradicteurs ? Ce sont quand même des gens qui sont contre nous…

Cela va modifier vos actions ?


On va surtout travailler sur le fond. On va continuer nos animations dans les écoles, les lycées, auprès des communautés de communes, mais on va privilégier les entreprises. Il était prévu pour 2015-2020 d’intervenir auprès des salariés, un public plus difficile à toucher : au vu des résultats de dimanche dernier, cette priorité sera plus marquée encore, et ce, dès septembre.

Propos recueillis par Frédéric Gérard

(1) Située à Laval, fondée à partir de 1994, elle compte quatre salariés employés à temps plein, auxquels il faut ajouter un service volontaire européen et deux stagiaires, 36 administrateurs bénévoles au total, et 380 adhérents.

Frédéric Gérard

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