Publié le
Vendredi 3 janvier 2014

Eugenia Pommaret (UIPP) : “La réduction de l'usage des produits phytosanitaires ne se décrète pas”

Eugenia Pommaret est directrice générale de l'Union des industriels de la protection des plantes. Auparavant, elle était responsable “environnement” à la FNSEA.

Réclamer une baisse de l’usage des pesticides est-il le bon message ?

Pour l'UIPP, ce message n'est pas adapté et il faut continuer à investir dans des moyens sur les exploitations agricoles. Prenons l'exemple des certificats d'économies de pesticides, que le projet de loi voulait initialement créer. Dire avec les pesticides, “a priori, je m’abstiens de faire”, risque de déboucher sur un dispositif beaucoup trop lourd. On aurait davantage à gagner en misant sur des choses dont on est certains qu’elles pourront apporter des résultats : dispositifs techniques, matériel…

N’a-t-on pas déjà fait beaucoup d’investissements ?

Je pense qu’il y a encore de la marge en termes d’in-ves-tis-sement sur les exploitations. Or, on reste encore sur une exigence de baisse d’utilisation des pesticides. Je pense au contraire qu’on pourrait raisonner sur une base incitative sans s’appuyer sur une réduction quantitative. Pour moi, le message n’est pas adapté. C’est aussi l’analyse de la profession agricole. Et je crois savoir qu’elle dépose d’ailleurs des amendements pour supprimer cet outil.

Les dispositifs de certificats d’économie ne sont-ils pas plus incitatifs que punitifs ?

C’est punitif en ce sens que vous avez un seuil, et vous devez afficher une baisse par rapport à ce seuil. je vois mal comment un utilisateur peut s’engager a priori sur une baisse de l’utilisation d’intrants, sans connaître les conditions climatiques et sanitaires de l’année à venir.

Les objectifs de résultat sont des objectifs politiques et le ministre lui-même, dans le cadre d’Ecophyto, en est un peu revenu. On a mis en place l’indicateur nodu (nombre de doses unités) pour suivre le plan Ecophyto. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’on est dans le cadre d’une directive européenne, qui vise plutôt des indicateurs de risque ou d’impact. Nous pensons qu’il y a besoin des différents types d’indicateurs car de manière générale, la réduction ne se décrète pas.

Recueilli par Agrapresse




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