Publié le
Samedi 26 septembre 2020

Eric Thirouin (AGPB) : “Je suis stupéfait que le gouvernement ne réponde pas aux demandes des céréaliers”

Eric Thirouin président de l'Association générale des producteurs de blé, est céréalier en Eure-et-Loir.
Eric Thirouin président de l'Association générale des producteurs de blé, est céréalier en Eure-et-Loir.

Eric Thirouin président de l'Association générale des producteurs de blé, est céréalier en Eure-et-Loir. Au lendemain d'une moisson 2020 catastrophique, l'AGPB alerte le gouvernement sur la nécessité de prendre des mesures d'urgence pour le secteur. En vain pour le moment.

On a été reçus au ministère et si on est convaincus que le gouvernement travaille, rien ne sort. Sur la difficulté d'implantation des SIE, la dérogation est intervenue avec deux mois de retard. Même chose pour la possibilité de pâturer les jachères. Les attentes sont fortes aussi sur le dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti” énumère Eric Thirouin. Même impression au sujet de la demande de dérogation pour l'appel de cotisations MSA. “Là encore, les choses doivent se décider dans les quinze jours si on veut que la mesure s'applique aux cotisations qui seront appelées fin novembre.”

Retrouver au plus vite de la valeur ajoutée

“Les 250 000 agriculteurs spécialisés en céréales ou protéagineux vont perdre en moyenne 1 000 euros chacun, et cela juste pour être à zéro. D'où notre demande d'un plan conséquent, à la hauteur de ce qui a été fait pour la Covid. Pour réinvestir, on demande un soutien fort pour accompagner les situations difficiles.” L'AGPB chiffre ce plan de soutien à plusieurs dizaines de millions d'euros.

Mais à côté des mesures d'urgence, le secteur est structurellement en difficulté depuis huit ans. “Les revenus sont plombés, du fait des aléas climatiques, des cours et de la réforme de la Pac de 2013. Le rééquilibrage au profit du monde de l'élevage a été tel qu'il a complètement siphonné la céréaliculture française. La réduction des moyens de production (moins de matières actives, exigences réglementaires et ZNT) nous pénalise par rapport à nos voisins. Quand on additionne les revenus après MSA et avant impôts, cela fait 6 000 €/an de manque à gagner sur huit ans.”

L'AGPB espère que la prochaine réforme de la Pac sera plus juste et plus équilibrée, et que le plan de relance permette de recréer de la valeur ajoutée sur les exploitations céréalières, dans une dynamique de filière.

Christian Evon

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23 octobre 2020 - N° 43
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