Publié le
Vendredi 10 mai 2013

"En Suisse, on paie des redevances à la grande distribution"

Pascal Breton, ancien directeur du groupe Bongrain. Il intervenait lors d'un débat organisé par l'Union des démocrates et indépendants (UDI).

"Je ne suis pas inquiet pour la production laitière. Il est vrai que certains producteurs vont arbitrer pour faire des céréales plutôt que du lait, mais on sait que les coûts de productions sont très variables selon les producteurs. Aujourd'hui, les très bons producteurs qui veulent augmenter leur production ne peuvent pas le faire. Demain, avec la fin des quotas, je pense que si on veut plus de lait, nous aurons la capacité d'obtenir cette production” analyse l'ancien directeur du groupe Bongrain, qui emploie 18000 personnes dans le monde.

“Les prix vont augmenter”

Pascal Breton se dit confiant car la demande augmente. “Il y a un déficit global sur le marché mondial. Il y a une forte aspiration des pays consommateurs. La Russie et la Chine importent massivement. Les consommateurs chinois manquent de confiance dans les produits chinois (suite au scandale de la mélamine), donc ils réclament des produits occidentaux. Dans les années à venir, les prix vont augmenter.”

En fait, “les prix augmentent partout... sauf en France. Parce qu'en France, on ne peut pas passer à côté de la grande distribution française. En Allemagne, on arrive encore à s'entendre, pas en France. Il faut être référencé. Pour cela, les fournisseurs doivent payer des redevances, et ce n'est pas en France, mais en Suisse ou au Luxembourg” assure-t-il, avec la liberté de ton de celui qui est désormais en retraite.

Quand on lui demande de lister les priorités pour l'avenir, il insiste sur deux problèmes à résoudre : la grande distribution française et le coût social dans l'industrie. Ces deux points affectent l'ensemble des transformateurs agroalimentaires. Ensuite, face à la volatilité des prix toujours plus forte, il estime qu'il faut parvenir à imaginer des lissages par des systèmes assurantiels. Pour ce qui concerne les marchés, “il faut exporter, c'est clair. Le marché national n'est pas suffisant”. En revanche, pour la France, “il faut miser sur les produits innovants”, à forte valeur ajoutée (fromages, protéines pour personnes âgées, etc).

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22 mai 2020 - N° 21
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