Publié le
Vendredi 7 juin 2013

En Sathe, le porc label se veut irréprochable

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Dans le cadre du comice du canton d'Ecommoy, l'élevage porcin de Valérie et Jacques Coulon à Marigné-Laillé ouvrait ses portes au public samedi dernier.

PHOTO : Jacques et Valérie Coulon, avec le technicien David Champion (à gauche), montrent un élevage de 150 truies naisseur-engraisseur, où les soins apportés au bien-être des animaux et à la qualité de la viande produite se voient.

Le public a profité du beau temps pour venir en nombre visiter cet élevage de référence en porcs label rouge Opale. Ce label regroupe 140 éleveurs des Pays de la Loire et de Bretagne qui se sont engagés avec l'abattoir Socopa dans une démarche de qualité. Pour faire découvrir l'organisation de la production, Valérie, Jacques et les trois enfants se sont partagé les postes de l'élevage et répondent à toutes les questions. Age à l'abattage : 182 jours minimum (contre 150 à 160 jours pour un porc standard) car plus la viande est mature, moins elle rejette d'eau. 

Les autres spécificités du label sont une surface d'élevage d'un tiers plus élevée qu'en porc standard, du soja garanti non-OGM et l'apport de graines de lin pendant l'engraissement, de manière à améliorer la teneur en Oméga3. “Malgré toutes les précautions prises, tous les animaux produits ici ne sont pas labellisés (trop petit, trop gras, etc. par rapport aux exigences du label). C'est à nous de faire en sorte que ce taux d'animaux labellisés soit le plus élevé mais il tourne actuellement au-dessus de 80 %.”

Des précisions pour convaincre

L'élevage est passé l'an dernier de 90 à 150 truies. “Cela représente huit truies supplémentaires par bande, soit 80 porcelets sevrés de plus toutes les trois semaines. Tout l'élevage du porc repose sur le chiffre trois : la gestation dure trois mois, trois semaines et trois jours, et l'emploi du temps de l'éleveur est calé sur un rythme de trois semaines tellement rigoureux qu'il peut dire ce qu'il faisait trois ans jour pour jour auparavant et ce qu'il fera le jour de noël l'an prochain. Les trois semaines disponibles entre chaque bande permettent d'échelonner les départs des porcs selon leur état d'engraissement.” Les truies sont sur paille pendant la gestation. 

Des problèmes avec le changement de normes ? “Non, c'était déjà comme ça, avant. Au moment de la remise en groupe, il y a quelques ajustements entre truies, le temps que la hiérarchie se réorganise et ensuite tout est tranquille.” “On coupe la partie insensible de la queue des cochons parce qu'ils peuvent se la mordre sans que l'animal mordu réagisse. Et si le sang coule, cela incite les porcs à s'acharner.” 

La reproduction ? “Avec trois verrats élevés ici, de race piétrain pour favoriser des carcasses maigres avec un fort pourcentage de muscle.” Prélèvement, dilution de la semence et insémination peuvent surprendre par leur extrême simplicité et on passe à la maternité où on peut voir des portées de 17 et même de 23 porcelets. “C'est l'effet de l'introduction de la race chinoise Youna dans la génétique (Gène+) des femelles reproductrices. Elles sont plus prolifiques et plus maternelles. Mais il arrive aussi que l'insémination ne fonctionne pas.”

Une image de qualité jusqu'à l'épandage

L'équilibre économique de l'élevage doit beaucoup à la production sur la ferme, des céréales nécessaires à l'alimentation des porcs. On fait attention au taux de protéine du blé, on essaie d'introduire un peu de tourteaux de colza. Les trois silos de 450 t de maïs grain humide, 250 t de blé et 150 t d'orge sont rangés autour de la machine qui fabrique la soupe distribuée deux fois par jour aux porcs en engraissement. 

On soigne aussi les relations avec le voisinage : au moment des épandages, “Nous prévenons les voisins et il y a toujours un tracteur qui enfouit à mesure que l'autre épand.” La demande d'agrandissement de l'élevage n'a soulevé aucune opposition lorsqu'elle a été faite. Ce dont se réjouit le conseiller général Bruno Lecomte, inquiet des difficultés économiques de grosses entreprises de son canton. “La démarche des éleveurs qui se donnent du mal pour produire de la qualité et qui font vivre les territoires doit être encouragée.”

Christophe Zapata



Christophe Zapata

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