Publié le
Vendredi 26 avril 2013

En Mayenne, l’activité d’Aprochim se poursuit, la contestation aussi

La préfète avait prévenu, le 5 avril : suite à de nouveaux dépassements et des seuils de PCB “non conformes”, Corinne Orzechowski­ allait demander la suspension de l’activité.

Mis ainsi en garde, les membres du Coderst ne l’ont pas suivie, le 18  avril, offrant un nouveau sursis de trois mois à l’entreprise de retraitement de déchets dangereux. Délai au cours duquel la préfète réclame à l’entreprise de “détailler les moyens techniques et organisationnels qu’il met en œuvre pour garantir le respect des niveaux de rejets fixés par l’arrêté préfectoral du 12  avril 2012”.


La décision du Coderst n’a pas été prise à l’unanimité, avec 13 voix contre et 10 pour le projet d’arrêté de suspension d’activité. A la préservation de l’emploi et de l’économie locale défendues par les élus locaux, les associations riveraines opposent le principe de sécurité et de santé de la population. L’association Entre Taude et Bellebranche s’emporte face à ces élus qui ont voté “pour préserver des taxes fiscales”, “des subsides à la communauté de communes et au département”

Membre de l’association, Benoît Marichal a cette fois décidé de ne plus suivre un conseil municipal favorable au maintien d’activité et a démissionné de son poste d’adjoint à Bouère. “Qu’ils étaient beaux nos six élus (du conseil général et de la communauté de communes), ‘Zorro’ de l’emploi, qui n’ont même pas pensé, une fois l’arrêté de suspension écarté, à demander à ce que soit véritablement encadrée la poursuite de l’expérience Aprochim pour assurer dans le même temps la sécurité des riverains”, commente-t-il suite au Coderst.

Le monde agricole divisé

L’incompréhension est aussi palpable du côté agricole. Les élus issus du monde agricole ayant voté en faveur du maintien d’activité sont pointés du doigt, l’institution qu’est la Chambre en tête. “Ils disent qu’ils veulent préserver l’emploi, interroge Jean-Yves Rousselet, membre de la Confédération paysanne. Mais que dire aux 14 exploitations agricoles impactées par la pollution dont certaines ne peuvent plus poursuivre leur activité, et qui pour la plupart, n’ont toujours pas été indemnisées ?”


Ivan Leclerc, représentait la chambre d’Agriculture : “Le vote à faire était très difficile. Au vu des débats et des études présentées, on peut penser que la pollution ne va plus impacter les éleveurs. C’est sûr, si on en retrouve dans quelques mois, je m’en voudrais. C’est un pari. Mais si on le réussit, tout le monde sera gagnant. Dans le cas inverse, tout le monde perdra, avec les licenciements, mais aussi la non-indemnisation des éleveurs impactés.”


La préfète souligne que “l’exploitant reconnaît ne pas maîtriser totalement son processus industriel, ne pouvant expliquer ni les dépassements des valeurs limites de rejets enregistrées en janvier 2013, ni la dégradation progressive des mesures réalisées depuis novembre 2012 de manière précise”. Mais prend note de “la volonté” d’Aprochim “de mettre enfin en œuvre tous les dispositifs adaptés au respect des normes fixées par arrêté préfectoral”. Résultats attendus dès juillet.

Frédéric Gérard

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