Publié le
Vendredi 20 mars 2020

En Loire-Atlantique, les vols de moutons redémarrent

Les éleveurs de Loire-Atlantique sont des victimes récurrentes des vols de moutons mais des caméras de vidéosurveillance judicieusement placées commencent à porter leurs fruits pour résoudre des affaires.
Les éleveurs de Loire-Atlantique sont des victimes récurrentes des vols de moutons mais des caméras de vidéosurveillance judicieusement placées commencent à porter leurs fruits pour résoudre des affaires.

Selon les éleveurs du département, plus de 700 bêtes sont volées chaque année en Loire-Atlantique, avec toujours ou presque le même scénario : les malfaiteurs arrivent dans les champs et même les bergeries, attachent les pattes des moutons pour les transporter facilement, puis repartent très vite. Dernière victime en date : le Gaec Natur’agneau, à Sion-les-Mines (nord du département), dans la nuit du 7 au 8 mars. Treize agnelles prêtes à mettre bas ont disparu.

Ils ont découpé le fil électrique qui clôture le champ et s'en sont servis pour repousser les moutons dans un coin de la parcelle. Puis ils ont découpé le grillage pour leur attacher les pattes, en s'en servant comme des collets. A partir de là, ils n'avaient plus qu'à les charger dans le véhicule avant de partir”, explique l'éleveuse, Elodie Crossouard.


“C’est mon associé, Philippe Boscherel, qui s’en est rendu compte car il était de garde. En arrivant dans la parcelle, il a constaté que la clôture était endommagée et par terre, il a aussitôt repéré des traces de pneus de voiture et des empreintes de pas” Tous les éleveurs victimes de vols sont unanimes : il s'agit de bandes bien organisées, qui ne frappent pas au hasard et qui sont forcément venus repérer les lieux avant.

“On a connu une accalmie mais en ce moment, le phénomène repart”, explique Sébastien Héas, l’éleveur de Ligné à l’origine de la création du Cep : le Collectif des éleveurs pillés. “Malgré la peur de se faire prendre, les voleurs reviennent quand même. Comme on dit, la faim fait sortir le loup du bois.” Selon les éleveurs, ces vols répétés serviraient à alimenter un marché parallèle de viande à bas prix.


“Les caméras commencent à parler…”


Heureusement, le combat que mène le collectif depuis plus de deux ans commence à porter ses fruits. “Nous avons deux cas d’élucidés et les voleurs vont être jugés. L'un est un Rom qui avait commis des vols de carburant sur le secteur de Saint-Viaud et qui a été coincé grâce à son téléphone portable.” Sébastien Héas tient à féliciter Sébastien Forest, capitaine de gendarmerie d’Ancenis. “On collabore très bien avec lui, il est très réceptif et à notre écoute. Ses collègues des autres brigades doivent s'inspirer de ses méthodes de travail. A chaque fois qu'il y a dépôt de plainte, il faut mener une enquête classique avec relevé d’ADN et recherche d'empreintes.”


Le collectif a monté un groupement d'achat pour s'équiper de caméras de vidéosurveillance. “Tous ceux qui les ont mises en place dans les champs ne subissent plus de vols. Les caméras sont mobiles et doivent être placées dans les endroits à risques, de façon discrète. Une caméra coûte environ 700 € mais avec l'aide du groupement, on peut les avoir à 550 €. Un éleveur qui s'était fait voler a évité la récidive grâce à une caméra.”


Christian Evon


Christian Evon

Voir plus

Le journal
27 novembre 2020 - N° 48
Actualités
Flash Infos
Agenda
Annonces
Recherche