Publié le
Jeudi 8 octobre 2020

En bio, avec une 2x24 places à un jeu de griffes

Damien Ledru	:"Nous réfléchissons à nous affranchir plus de la traite du soir, mais nous ne sommes pas encore tout à fait prêts."
Damien Ledru :"Nous réfléchissons à nous affranchir plus de la traite du soir, mais nous ne sommes pas encore tout à fait prêts."

Avec 110 vaches à la traite, en bio dans un système tout herbe, le Gaec Ô fil de l’eau, au Lude (Sarthe), a choisi une salle de traite de 2x24 places plutôt qu’un robot. La traite dure une heure à deux.

La traite s’effectue à deux au Gaec Ô fil de l’eau, au Lude. "Nous avons investi en 2017 en réfléchissant à notre temps de travail, mais aussi aux mouvements des animaux. Six mois de l’année, les vaches sont exclusivement au pâturage, organisé entre 33 paddocks de 1,5 à 2 hectares chacun. Nous avons la chance d’avoir un parcellaire très regroupé, mais un robot me semblait moins adapté qu’une salle de traite dans notre cas. Nous ne donnons pas de concentré à la traite et l’abreuvement est assuré dans chaque parcelle. Les vaches n’auraient pas eu d’incitation à venir au robot plusieurs fois par jour" détaille Damien Ledru.

Située au bord du Loir, l’exploitation est aux trois quarts inondable : "Nous sommes vraiment sur la nappe du Loir. Le puits fournit donc toujours, même un été comme cette année." Grâce aux 3 km de tuyaux qu’il a implantés, des bacs sont installés dans chaque parcelle afin d’éviter que les animaux ne descendent dans la rivière.

110 vaches par heure

Les deux associés du Gaec (Damien et son épouse Mylène) ont privilégié le confort avec une fosse de plain-pied ("fini les escaliers avec des pots plein les bras") et une grande longueur. "Nous avions lu des articles sur des salles de traite de 2x20 places. Ça me tentait. Et le technicien de DeLaval m’a dit que la pompe était identique pour une installation de 15 ou de 24 places alors on s’est dit : 'Pourquoi pas le plus !'"

L’installation compte donc 2x24 places avec un seul jeu de griffes. "Pendant que l’un de nous surveille la traite d’un côté, l’autre prépare les animaux. Nous passons 110 vaches par heure." Le couple saute déjà régulièrement la traite du dimanche soir. "Nous réfléchissons à nous affranchir plus de la traite du soir, mais nous ne sommes pas encore tout à fait prêts" sourit l’éleveur.

C’est à l’occasion de la mise aux normes lors du regroupement des troupeaux de Damien et Mylène Ledru et de leurs voisins qu’ils ont décidé d’investir. "Nous passions de 70 à 120 VL en intégrant le troupeau de notre voisin. Il fallait revoir le bâtiment dont la fumière ainsi que la salle de traite." Au total, l’investissement s’élève à 250 000 euros, auxquels s’ajoutent 70 000 € pour le bol d’alimentation et le tapis. Le tracteur et la désileuse vieillissaient et la réflexion complète tournait autour de la gestion du temps et du confort de travail. "Avec un couloir central d’alimentation, ce sont les vaches qui repoussent l’aliment pour les vaches d’en face" illustre Damien Ledru en souriant.

Yanne Boloh

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23 octobre 2020 - N° 43
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