Publié le
Vendredi 6 novembre 2015

Ecophyto 2 : pas encore mis en œuvre, déjà critiqué

Présenté le 7 octobre au conseil des ministres, la nouvelle version d’Ecophyto a été détaillée la semaine dernière par le gouvernement avant une déclinaison pratique au Comité consultatif de gouvernance mercredi 4. Ecophyto 2 réaffirme un objectif de diminution du recours aux phytosanitaires : -25 % d’ici à 2020 via l’optimisation des systèmes de production, et - 25 % supplémentaires à l’horizon 2025 grâce à des mutations plus profondes.
C’est à l’issue du Grenelle de l’Environnement en 2008 que la précédente majorité avait lancé un premier plan Ecophyto, dont l’ambition était de réduire

“si possible” de 50 % l’usage des pesticides d’ici à 2018. Mais le succès est loin d’être atteint puisque l’utilisation de phytosanitaires a progressé au contraire de 5 % par an en moyenne entre 2009 et 2013.


“Pas avant six mois…”



Les certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques seront une des mesures contraignantes de ce nouveau plan. Les distributeurs devront mener des actions qui amèneront à des économies globales pour obtenir les fameux certificats, sous peine de payer des pénalités. Leur montant (on parle de 11 €/NODU) (1) comme le niveau des objectifs à atteindre restent encore à débattre.

“Le projet d’ordonnances de CEPP n’a pas fait l’objet de discussion avec les parties prenantes”, dénonce l’Union des industries de la protection des plantes, qui reproche au gouvernement de

“faire cavalier seul” et d’instituer de

“nouvelles mesures punitives”.


Pour accompagner ces actions, 30 M€ supplémentaires viendront s’ajouter aux 40 M€ déjà alloués au plan chaque année.

“Ecophyto est financé en grande partie par l’Onema (2) et son conseil d’administration se prononcera à la fin du mois sur d’éventuels financements complémentaires. D’autres financements restent à trouver. Je ne vois pas une mise en œuvre du plan Ecophyto 2 avant au moins six mois”, explique Myriam Laurent, l’animatrice agricole Ecophyto au plan régional.



Fermes Dephy :
la Région en pointe



Le nouveau plan maintient certaines mesures de la première version. Ainsi le réseau des 2 000 fermes Dephy, des exploitations pionnières dans le suivi et l’évaluation des pratiques, sera porté à 3 000. Avec ses 230 agriculteurs répartis dans 24 groupes, 16 en polyculture-élevage et grandes cultures et 8 en végétal spécialisé, les Pays-de-la-Loire sont le bon élève de la classe.



“La dynamique initiée par le réseau des Chambres d’agriculture dès 2011 s’est renforcée au fil des ans”, se félicite Emmanuel Mérot, ingénieur territorial réseau Dephy (CA 44).

“Le travail en réseau, qui repose sur des binômes agriculteurs - techniciens, a commencé à donner des fruits.” Les systèmes de cultures qui partaient avec un IFT haut ont baissé leur consommation de produits phytosanitaires d’environ 12 %. L’objectif des systèmes de cultures innovants est qu’ils soient à la fois économes en produits phytosanitaires et performants d’un point de vue économique.


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