Publié le
Vendredi 29 novembre 2019

Ecla 53, la viande mayennaise s'installe dans les rayons des supermarchés

Progressivement, la viande des éleveurs mayennais d'Ecla 53 se développe dans les collectivités et les supermarchés du département.

Samedi 23 novembre, des éleveurs d'Ecla 53 assuraient la promotion de leurs produits vendus en barquettes dans les rayons du Carrefour Contact de Cossé-le-Vivien. Ce partenariat avec ce distributeur local s'est mis en place à la rentrée. Le gérant, Sylvain Aussant, a suivi le projet Ecla de près, par l'intermédiaire de Yannick Vallée, président d'Elroc 53 et éleveur de la commune. “Dans un premier temps, il m'avait sondé pour savoir si la démarche était viable, puis je les ai aidés dans leur approche marketing, pour baliser les rayons en PLV (1)” décrit-il. Maintenant qu'Ecla 53 est passé à la commercialisation, Sylvain Aussant joue le jeu : “Il y a une demande du consommateur pour consommer local. C'est une évolution, plus qu'une mode, à la condition que cela reste dans une gamme de prix raisonnable.”

Précisement, dans le rayon, Yannick Vallée et son collègue Pascal Hermanier (de Méral) présentent leur jeune filière aux clients. “Je soutiens ce genre de démarche, j'achète souvent en direct au producteur. Mon gendre est un jeune installé”, expose cette dame avec le sourire. Quant à Cœur de Mayenne, la marque d'Ecla 53, “je vais découvrir !” annonce cette Mayennaise. L'opération du jour porte ses fruits.

Sept à huit bêtes par semaine

A Cossé-le-Vivien, il n'y a pas que le supermarché qui fait confiance à Ecla 53 : la cuisine centrale aussi, depuis un peu plus d'un mois. Initialement, le projet d'Ecla 53 s'est construit pour approvisionner les collectivités, en particulier les collèges, gérés par le conseil départemental, soutien du projet. Un éleveur individuellement ne pouvait fournir les commandes pour des collectivités. Réunis, la trentaine d'éleveurs d'Ecla 53 peut y répondre.

L'activité prend son envol, en s'appuyant sur l'atelier de découpe d'Ernée. En tout, sept à huit bêtes sont écoulées chaque semaine : quatre à cinq depuis l'atelier et trois à quatre en carcasses entières. L'atelier est également mis à disposition des éleveurs individuels qui pratiquent la vente directe. Chaque semaine, une à deux bêtes y sont découpées. Le potentiel de l'outil est de 25 à 30 équivalent carcasse de bovins. Il reste donc de la marge pour la montée en puissance.

Beaucoup d'éleveurs sont intéressés pour rejoindre cette filière, qui rémunère au prix de revient, soit environ 4,60 euros le kilo pour une Charolaise R+. “La démarche n'est pas réservée aux trente éleveurs mais on prendra les nouveaux au fur et à mesure que le projet va se développer” explique Yannick Vallée. Pour l'heure, parmi les clients et distributeurs, on liste vingt collèges mayennais, quelques lycées, des Ephad, et une dizaine de supermarchés [voir encadré]. “On laboure le département, mais on ne s'interdit pas d'élargir la diffusion auprès de centres urbains” explique Yannick Vallée. “Le local, ce n'est pas qu'une question de kilomètres. Pour un Parisien, c'est aussi la vente directe du producteur au consommateur.”

Derrière, “si on veut que des jeunes s'installent, il faut leur proposer des perspectives d'avenir” lance Pascal Hermanier. En rémunérant les producteurs au juste prix, Ecla 53 espère y parvenir.

(1) Publicité sur lieu de vente.

Rémi Hagel
Le journal
27 novembre 2020 - N° 48
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