Publié le
Vendredi 10 octobre 2014

Dominique Langlois : “Il ne faut pas tomber dans le découragement”

Dominique Langlois est depuis 2011 le président d’Interbev, interprofession Bétail et viandes. Il fait un point conjoncturel, à l’occasion de l’événement “Made in viande”.

Organiser un événement dans la conjoncture actuelle, cela ne doit pas forcément être facile ?


Oui, la situation est un peu compliquée. Les industries ne se portent pas très bien. Il y a une problématique géopolitique, avec l’embargo russe, qui ne concerne pas directement le bœuf mais l’impacte de manière collatérale, avec l’afflux de viandes étrangères sur les marchés. Le contexte export est complexe, mais comme toujours : l’export ne se décrète pas, c’est un travail de longue haleine. Il y a beaucoup d’interrogations mais il ne faut pas tomber dans le découragement. Il faut aussi retenir que la viande française est reconnue dans le monde entier pour sa traçabilité et sa sécurité sanitaire, et pour la qualité de ses races. La demande mondiale va exploser. Il y a de l’emploi dans toute la filière. Et nous travaillons pour nous inscrire sur de nouveaux marchés, à long terme ; le pourtour méditerranéen et la restauration hors domicile, notamment.

Les prix chutent, mais le bœuf français resterait trop cher pour la restauration


Tout dépend de ce dont on parle réellement. Dans quelques semaines, nous publierons une étude réalisée dans plusieurs pays. Elle montre que la viande française est un peu plus chère, mais pas autant qu’on le dit. Au regard des portions dans les restaurants, l’écart ne doit être que de quelques centimes par menu.

Notre problème, c’est surtout l’équilibre matière : avoir des viandes à rôtir l’été, et plutôt des viandes à bouillir l’hiver.

En tant que PDG de SVA, seul candidat à la reprise de Gad Josselin, êtes-vous confiant pour l’audience de lundi ?


On est serein. Mais nous attendons l’expertise des liquidateurs, qui ont notre dossier entre les mains, et l’appréciation du Tribunal de commerce de Rennes. Notre volonté est de développer un projet économique pérenne, lancer des investissements sur le site pour le redimensionner pour 23 000 porcs par semaine, et de redresser l’abattoir. Ce qui est déjà un enjeu, au vu des pertes considérables.

Propos recueillis par Frédéric Gérard
Frédéric Gérard

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10 juillet 2020 - N° 28
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