Publié le
Vendredi 4 juillet 2014

Deux ou trois Smic en allaitant, c’est possible

Dans une vidéo réalisée par Idele et les chambres d’Agriculture, un éleveur de Maine-et-Loire explique qu’il parvient à dégager un revenu équivalent à trois Smic. Elle est diffusée par Philippe Dimon, le technicien chambre/Bovins croissance de la Sarthe, lors de l’assemblée de la Fédération
régionale des syndicats d’éleveurs charolais le 27 juin. Celle-ci se déroulait chez son président, Pascal Langevin, dont l’élevage a servi de support à la présentation (1).
Une étude menée auprès d’éleveurs allaitants des Pays-de-la-Loire montre une forte variabilité de résultats, aussi bien pour les coûts de production que pour la productivité, pour une base de production de 100 kg viande vive. Mais, des tendances se dégagent : “Il y a une meilleure rémunération chez les éleveurs les plus économes” explique Philippe Dimon. Par ailleurs, “les meilleurs s’en sortent le mieux sur tous les postes (et pas qu’un seul)”.
Toutefois, parmi ces meilleurs, tous n’ont pas adopté la même stratégie, mais chacun est resté cohérent par rapport à celle qu’il a choisie. Certains jouent plus sur la maîtrise des charges, d’autres sur une bonne productivité, mais dans l’ensemble, “ce qui ressort est que la plupart jouent la carte de l’économie”.


Quatre césariennes pour 500 vêlages



Pascal Langevin, installé à Beaumont-Pied-de-Bœuf (Sarthe), lui, est un naisseur extensif. Il parvient à dégager 1,78 Smic, grâce à de bons résultats. Il produit 357 kg vifs/UGB (quand la moyenne se situe entre 265 et 300 kg) et sa productivité est de 52 tonnes par unité de main-d’œuvre (UMO) (contre 35 t pour le modèle de référence). Il s’appuie sur une gestion fine de la reproduction, avec des vêlages groupés, des génisses qui vêlent à 34,5 mois, et un taux de mortalité faible (4 %). “En 2013-2014, il y a 72 veaux sevrables pour 72 vêlages.” L’élevage n’a connu que quatre césariennes pour 500 vêlages en sept ans.


En détaillant chaque poste de charge, on note les faibles coûts de production. En particulier, les concentrés ne représentent que 25 €/100 kg de poids vif (contre 45 € en moyenne). Cela s’explique par le souci de l’autonomie : pâturage, enrubannage, céréales autoconsommées, et un peu d’ensilage de maïs pour l’énergie.


Philippe Dimont conseille de bien ajuster le stockage : “Souvent, on commet l’erreur de trop stocker. Cela coûte, à stocker et à redistribuer”. Mieux vaut réfléchir à laisser suffisamment d’herbe à pâturer, “cela permet de faire de grosses économies”. La mécanisation, également, “peut être vite impactante sur les systèmes”. Elle représente en moyenne près d’un quart du coût de production chez les naisseurs-engraisseurs (75 €/100 kg sur un coût global de 334 €). Quant aux frais divers (internet, téléphone, etc.), ils progressent vite. “Finalement, ça fait une somme non négligeable.”


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