Publié le
Vendredi 1 août 2014

Deux déchaumages pour enfouir les chaumes et gérer le salissement

En déchaumage, “on n’a pas tous le même objectif” rappelle Innocent Pambou, conseiller agronomie à la chambre d’agriculture de Maine-et-Loire. Certaines machines seront donc plus ou moins adaptées selon le but recherché. L’objectif premier du déchaumage est d’incorporer la paille au sol après la récolte pour qu’elle se décompose. On peut en même temps viser à restructurer un sol tassé surtout après une récolte en “conditions limites”. Un déchaumage profond (10 à 15 cm) favorisera alors l’enracinement de la culture suivante. L’infiltration de l’eau en sera facilitée, surtout en sol hydromorphe, avant des cultures sensibles à l’asphyxie telles que l’orge, le colza, la luzerne ou les protéagineux. Ensuite, “on peut profiter de cette opération pour mettre à mal les limaces, en déstructurant leurs galeries et en ramenant leurs œufs à la surface”. Un travail superficiel en conditions sèches avec un lit de semence fin et rappuyé perturbera en effet leur habitat. De plus, et c’est le rôle traditionnel du faux semis, on va rechercher à épuiser le stock de graines d’adventices. “Le déchaumage est donc une opération multifonctions mais toutes ces fonctions ne sont pas forcément compatibles entre elles, il y a un compromis à trouver.” Le choix de l’outil va donc découler du type de déchaumage souhaité et de l’objectif visé.


Deux déchaumages pour cumuler les effets



Innocent Pambou conseille de réaliser deux déchaumages. Le premier juste après la moisson pour mettre les pailles en contact avec le sol et activer la minéralisation. Le second passage pour brasser les pailles en décomposition et faciliter un maximum la levée des adventices, notamment les folles avoines et les ray-grass. Cette deuxième opération peut s’effectuer deux à trois semaines après la récolte, ou plus tard selon les conditions d’humidité du sol car “il faut que le sol soit frais”.



Quel outil, et pour quoi faire ?



Si l’objectif principal est de restituer les chaumes au sol, “un passage entre 5 à 10 cm de profondeur avec un outil à disques ou un outil à dents sera adapté. On peut descendre plus profond si on veut en profiter pour enfouir des fumiers”. Ensuite, pour réaliser un faux semis en deuxième passage, les outils à disques et les bêches roulantes qui peuvent travailler en surface (2 à 5 cm) sont recommandés. Toutefois, les outils à disques type cover-crop et néo-déchaumeur qui travaillent trop profond ne donneront pas de bons résultats en faux semis. De plus, pour réussir un faux semis, “il est très important de rappuyer le sol donc le choix des rouleaux sera à considérer avec attention”.



Un coût de chantier très variable



Le coût varie de 28 à 48 euros de l’hectare selon le guide des prix de revient des Cuma. L’amortissement de l’outil et du tracteur, le carburant et la main-d’œuvre sont pris en compte dans le calcul. La bêche roulante en 5 mètres dont le débit de chantier est de 4 ha/h est à 28 euros/ha. Le déchaumeur à disques indépendants ressort à 38 euros/ha tandis qu’un passage de cover-crop se chiffre à 44 euros/ha. Pour les débits de chantier plus faibles (1,5 ha/h), le coût est plus élevé, 48 euros pour un déchaumeur à dents en 3 mètres et 46 euros pour un déchaumeur à dents et à disques. “Si vous augmentez la profondeur du déchaumage de 5 cm, vous augmentez la consommation de fuel de 40 %” précise Gérard Poujol, animateur à l’Union des Cuma des Pays-de-la-Loire.


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2 octobre 2020 - N° 40
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