Publié le
Vendredi 21 octobre 2016

De plus en plus de maïs humide chez les éleveurs

Cet éleveur allaitant de Corzé (Maine-et-Loire) a débuté l’activité il y a sept ans. “Ça se développe de plus en plus”, confie-t-il. “Des éleveurs achètent des maïs sur pied et les récoltent humides.” Dans les systèmes herbagers, c’est en effet un aliment complémentaire à l’ensilage d’herbe ou de luzerne, pour les bovins allaitants, en engraissement et pour les vaches laitières.
Le principe de la machine à aplatir Daplagaine est simple. Le maïs grain est récolté avec une moissonneuse-batteuse classique à 30 – 34 % d’humidité. Il est amené par une vis sans fin vers la trémie de réception. De là, les grains sont aplatis entre les rouleaux éclateurs. Une vis de pression pousse le maïs écrasé dans le boudin pour le tasser. Cette pression fait avancer le tracteur qui, lui, est freiné par un vérin électrique commandé à l’arrière de la machine. Un conservateur à base de Lactobacillus buchneri est ajouté pour “aider à la conservation et éviter les échauffements à la reprise”. La poche (55 mètres de long maximum pour un diamètre de 1,50 m) est en plastique de 212 microns. “Plus épais que le plastique de maïs ensilage et traité contre les UV, il reste souple et ne devient pas cassant.” La machine débite 25 tonnes à l’heure. A la fin du chantier, le boudin est refermé “avec quelques pelles de terre pour faire le joint.” Commence alors la fermentation anaérobie qui entraîne une production d'acide lactique “et de propyléne glycol”. Le fourrage en boudin se conserve un an, voire plus si la bâche n’est pas perforée. A la reprise, “il faut avancer de 8 à 9 cm par jour comme un silo classique, et plus vite pour un maïs plus sec.” Si la reprise à la pelle peut s’avérer pénible, elle peut désormais être mécanisée. Le constructeur charentais du Daplagaine, vient d’inventer le Dessilogaine pour dessiler, et a reçu l’or au Sommet de l'Elevage 2016.


Aplatir et tasser



Les céréales aussi



L’été, Pierre-Yves Sallé change les rouleaux de la machine pour aplatir des céréales sèches (orge, pois, triticale, blé, mélange céréalier). Le stockage inerte en boudin conserve naturellement les céréales en l’absence d’air. La respiration des grains ainsi que la microflore présente consomment en quelques heures l'oxygène interstitiel. Le gaz carbonique dégagé occupe alors l’espace, inhibant le développement des moisissures et rebutant les charançons. Cette technique préserve la valeur alimentaire et permet de stocker sans avoir recours à un bâtiment. “Chez les bio, c’est intéressant, car même s’il y a un peu d’herbe, jusqu’à 16 - 18 % d’humidité, le stockage est possible.”


Le journal
23 octobre 2020 - N° 43
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