Publié le
Mardi 5 juillet 2011

Cuma : travailler et être ensemble

Marie-Thérèse Audrain sociologue, travaille au sein des réseaux de Cuma. Elle intervenait à l'assemblée de la FDCuma de la Mayenne.Chaque Cuma a ses particularités, son histoire. “On me dit toujours : “Chez nous, c'est pas pareil”. Mais c'est comme la demi-heure mayennaise : l'autre jour, on me parlait de la demi-heure aveyronnaise...” Malgré les différences, on trouve beaucoup de points commun aux fonctionnements d'un groupe. A force de sillonner la France des Cuma, Marie-Thérèse Audrain en a tiré des enseignements.

Parti à la DDE, la claque
“Le groupe emmène plus loin : c'est ce qu'on appelle la facilitation sociale. On ne l'explique pas, mais lorsqu'un malade du cancer participe à un groupe, son taux d'anticorps augmente. Autre exemple : si vous allez au bistrot à plusieurs, vous consommez plus que si vous étiez seul [rires]. A l'inverse, un groupe peut freiner s'il ne s'entend pas bien.”
La sociologue a enquêté sur des départs de salariés. “Il y a un qui était parti à la DDE. Compte tenu de la réputation de la DDE, ça fiche une claque. On voit que les salariés ne sont pas le problème, mais ils révèlent un problème d'organisation.” A l'inverse, les jeunes salariés qui ont choisi ce métier “pour les bécanes” restent parce que les relations avec les adhérents sont bonnes. “C'est un groupe soudé, où on se dit les choses, ou qui délègue.”

Pour qu'un groupe fonctionne, “il faut un objectif commun. Une Cuma avait pour objectif de ne laisser personne au bord du chemin. Un adhérent n'aurait pas pu tracter une nouvelle tonne plus grosse. Ils se sont arrangés. Pour une Cuma, il faut deux jambes : travailler ensemble et être ensemble”. Elle poursuit : les adhérents d'une Cuma s'entendaient très bien, et depuis plusieurs générations, mais n'arrivaient pas à passer le pas de l'assolement en commun. La raison ? Les fermes étaient devenues trop différentes, aller plus loin dans le travailler ensemble n'était plus possible.
Sur les plannings, “s'il n'y a pas de règle, c'est la loi du plus fort. Les règles et les priorités sont nécessaires. Un exemple : sur le télescopique, une Cuma l'attribue en priorité à l'ensilage. Une autre pour les producteurs hors-sol. Je ne juge pas : si tout le monde s'est mis d'accord, ça roule”.

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