Publié le
Mardi 1 mars 2011

Coordination et l'OPL : une organisation plus fort

La Coor-dination rurale avait placé la contractualisation au cœur de son colloque annuel, jeudi 17 février à Héric. Elle milite pour une organisation des producteurs de lait la plus large possible, afin de peser face à la transformation. Dans son rapport moral, la présidente Catherine Laillé a brossé un tableau peu réjouissant de la situation agricole actuelle, dans laquelle se débattent les agriculteurs. “Nous travaillons toujours autant, nous produisons plus tout en étant moitié moins nombreux qu’il y a vingt ans. Nos surfaces ont doublé voire triplé mais nous n’arrivons plus à vivre de notre travail.” La Coordination rurale fustige la captation des efforts entrepris par la profession par l’industrie agro-alimentaire et la grande distribution.

La CR a pris acte du vote de la LMA mais reste sceptique sur l’efficacité de la contractualisation, mesure-phare du ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire. La question a donné lieu à un débat intéressant dans le domaine laitier, en présence de Daniel Condat, producteur de lait dans
le Puy-de-Dôme et président de l’Organisation des producteurs de lait, et de Bernard Fougère, vice-président, producteur à Saint-Sulpice-des-Landes.

Ce dernier resitue le débat : “On travaille pour construire une OP transversale et non commerciale, seul moyen pour qu’on garde
notre capacité de négociation et qu’on ait la garantie de vendre notre lait au mieux-disant.” Jusqu’à maintenant, les producteurs n’ont pas su peser collectivement dans les décisions de leurs laiteries. “La solution pour l’avenir, c’est d’adhérer à France Milkboard.” Si 21 Etats-membres de l’UE se sont rangés à la position française, d’autres, et non des moindres (Pays-Bas, Suède et Norvège) sont encore à convaincre.

Etre force de propositions face aux transformateurs

L’OPL et la CR appellent de leurs vœux un système à la canadienne, dans lequel les producteurs sont toujours propriétaires de leur quota et apportent aux laiteries les volumes de lait dont elles ont besoin. “On veut une production stable et un prix payé correctement” lance Daniel Condat. “On doit instaurer un rapport de force permanent.”

Depuis la signature du décret sur la contractualisation, le 31 décembre, tout le monde attend la sortie du décret sur l’organisation de producteurs. “On doit avoir la capacité à mettre en place une réelle régulation, correspondant aux volumes dont a besoin l’industrie laitière : ça n’est pas utopique, ça correspond à la réalité économique” poursuit le président de l’OPL.

L’Organisation proche de la CR espère emmener avec elle le maximum de producteurs français. “L’Apli est avec nous, les JA plutôt aussi alors que le projet d’OP verticale défendue par la FNPL n’est pas la solution d’avenir. Seule une association de producteurs puissante aura la capacité de négocier votre contrat.” Pour l’OPL, l’organisation de producteurs doit être transversale et indépendante, et rassembler un maximum de producteurs au-delà de l’image syndicale. De fait, c’est cette OP qui constituera France Milkboard, seule à même de casser le système de l’interprofession qui livre les producteurs au bon vouloir des laiteries. “On travaille ensemble : l’OPL, l’Apli et d’autres organisations comme la Confédération paysanne” explique Damien Legault, président de l’Apli 44. En Loire-Atlantique, ces organisations font avancer le dossier et vont organiser des réunions inter-cantonales pour inciter les producteurs à adhérer à cette OP. Pour Catherine Laillé, “nous devons reprendre la commercialisation de nos produits en main : c’est possible pour toutes les productions. Il faut le vouloir et être unis face aux acheteurs”.

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25 septembre 2020 - N° 39
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