Publié le
Vendredi 10 janvier 2014

Consommer local serait-il hors de prix ?

Lors de la table ronde, les di érents acteurs concernés ont fait part de leur totale adhésion sous réserve que le projet réponde à leurs attentes.
Lors de la table ronde, les di érents acteurs concernés ont fait part de leur totale adhésion sous réserve que le projet réponde à leurs attentes.

L'étude de faisabilité d'une plate-forme logistique pour mettre en relation producteurs et restauration collective a été présentée la semaine dernière à Rouillon.

Les élus souhaitent que la restauration collective utilise des produits locaux. Jeanny Mercier, vice-président du Pays du  Mans s'enflamme pour “une complémentarité ville-campagne dans une logique de développement durable”. Les producteurs locaux souhaitent, eux, profiter de ce débouché pour pouvoir se développer. Ce qui manque, c'est l'intermédiaire qui doit assurer la logistique si possible sans coût supplémentaire. “Le producteurs veut une meilleure valorisation de ses produits, sinon quel intérêt ?” justifie Jean-Michel Gressard, patron du cabinet lyonnais qui a fait l'étude. “L'attente est la même du côté de la restauration.” L'étude a envisagé deux scénarios : la plate-forme physique d'un côté, l'utilisation des circuits locaux existants de l'autre, c'est-à-dire la location d'espace de stockage et de volume dans les camions des transporteurs.

La plate-forme n’est pas envisageable


La plate-forme logistique butte sur deux problèmes majeurs : son impossible rentabilité dans les premières années, et l'absence d'un leader pour prendre la direction du projet. “Il n'y a pas ici de groupement de producteurs prêt à s'investir. Or il s'agit de faire cohabiter les fruits et légumes, les produits laitiers et les viandes.” Le marché existant est modeste : 15 000 repas/jour, cela ne représente 12-13 % de part de marché. On peut espérer une progression, mais entre-temps les exercices seront déficitaires. Et ils pourront être déficitaires pendant longtemps si on prend en compte les contraintes de la restauration collective qui veut une qualité et une disponibilité totale des produits alimentaires, le tout pour un budget de 1,20 à 3,50 €repas. “Et ne sous-estimons pas la réaction des actuels fournisseurs de la restauration qui ne resteront pas sans réagir si on leur prend 30 % de part de marché.” Pour les élus, il est délicat de favoriser les uns aux dépens des autres, les producteurs aux dépens d'entreprises en place.

Un marché très exigeant

Le deuxième scénario envisagé a l'avantage de renforcer les circuits de distribution existants, ceux de la distribution ou des détaillants spécialisés. Cela n'enlève cependant pas la nécessité de regrouper l'offre et la demande. On ne peut pas faire 50 km pour livrer un cageot de carotte. Jean-Yves Aubry, qui met en place la logistique de la Scic “le Bio d'ici” le déplore : “Les commandes étaient trop petites au début. Nous avons un minimum de commande de 60 € pour effectuer une livraison. La moyenne cette année est à à 62,50 € : si on continue à raisonner comme ça, ça ne marchera pas.” Pour s'insérer dans les circuits existants, il va falloir une volonté collective d'agir de concert pour assurer la cohérence du projet. Et il faudra la ferme conviction de chacun dans la valeur des produits locaux, en terme de qualité de l'alimentation mais aussi de réduction de l'empreinte carbone et de réduction du coût énergétique.

Christophe Zapata



Christophe Zapata

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